Yannick Bru : “Il ne faut pas voir ces prêts comme des prêts de déclassement, mais d’investissement gagnant-gagnant pour développer nos jeunes joueurs”

Invité sur le plateau de l’émission Top Rugby, diffusée sur TV7, le manager de l’Union Bordeaux Bègles, Yannick Bru, est revenu en détail sur l’intérêt des prêts de jeunes joueurs à fort potentiel, qu’il considère comme un levier essentiel pour favoriser leur développement et leur adaptation progressive au très haut niveau :
“C’est quelque chose que l’on doit développer. Cette année, il ne vous a pas échappé que Zaccharie Affane est en prêt à Brive au poste de pilier droit. On a beaucoup de jeunes talents et notre formation fait du très bon travail, en termes de développement de nos jeunes joueurs. Je peux en citer plein, Ruben Pargade, Elyjah Ibsaiene, qui étaient avec l’équipe de France U20, Joseph Laharrague, qui a 19 ans, Adrien Drault, qui était aussi avec l’équipe de France U20, Bobby Bissu et Adam Zapedowski et d’autres. On a tout un matelas de joueurs qui sont en train d’être sur cette passerelle qui les amène vers le très haut niveau, c’est-à-dire l’équipe professionnelle, mais on a un championnat Espoirs qui n’a ni queue ni tête, qui ne ressemble à rien. On a un match, cinq matchs d’arrêt, là 5 à 7 semaines sans jouer. Il ne remplit pas du tout ses fonctions de passerelle vers le plus haut niveau. La Pro D2, voire la Nationale, notamment pour les joueurs de devant qui ont besoin de s’endurcir, est une opportunité incroyable de développement. Bien construire des relations avec des clubs de Pro D2, avec des contrats gagnant-gagnant qui permettent à nos jeunes joueurs de jouer un championnat de haut niveau, de progresser sur la dureté mentale, la dureté physique, parce que c’est un championnat hyper dur, notamment pour les avants. Dans le cas de Joseph Laharrague, cette Pro D2, pour un jeune 10, va lui offrir plein de money time à gérer, plein de matchs serrés, compliqués à l’extérieur. Quand on est 10 et qu’il faut gérer le tempo d’un match, la stratégie et le plan de jeu pour ses partenaires dans une situation de stress, pour nous c’est une opportunité incroyable de le développer. Il va partir à Béziers, Laurent Marti a négocié ce prêt, il y aura des clauses de retour à l’Union Bordeaux-Bègles puisque Matthieu Jalibert, dont je salue la progression et la place qu’il va prendre au niveau de l’équipe de France, j’espère qu’il saura la conserver et que l’Union Bordeaux-Bègles l’aidera du mieux possible pour ça, va être souvent absent, donc il sera amené à revenir sur les périodes internationales. Nous aurons Matthieu Jalibert, Hugo Reus et Joseph Laharrague pour couvrir ce poste de 10. Il ne faut pas voir ces prêts comme des prêts de déclassement, mais d’investissement gagnant-gagnant pour développer nos jeunes joueurs qui ne peuvent pas s’aguerrir dans un championnat Espoirs qui n’est absolument pas efficace”.
Dans la continuité de sa réflexion, le technicien bordelais a également reconnu s’inspirer des méthodes mises en place par le Stade Toulousain, considéré comme une référence dans la gestion et le développement des jeunes talents à travers des stratégies de prêt efficaces :
“Il faut rendre à Toulouse ce qui est à Toulouse, ils ont souvent été précurseurs dans ces stratégies de prêt. Ils ont tissé un nombre de relations importantes avec les clubs de Pro D2 et prêtent leurs joueurs. On a emboîté aussi notre propre chemin. Zaccharie Affane est à Brive cette année. Bobby Bissu, qui est un de nos gros Espoirs au poste de troisième ligne, va être prêté au club d’Aix-en-Provence l’année prochaine. Peut-être que d’autres vont encore suivre parce qu’il s’agit de faire progresser nos joueurs et de les mettre en configuration de matchs de haut niveau”.
