Frédéric Michalak : “Les Bordelais savent que s’ils veulent battre Toulouse, il faudra d’abord combattre au sol”

Interrogé par Midi Olympique, l’entraîneur de l’attaque du Racing 92, Frédéric Michalak, a livré une analyse particulièrement détaillée et nuancée du quart de finale de Champions Cup à venir entre le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles. Entre considérations tactiques, comparaisons statistiques et lecture des dynamiques de jeu, il a mis en lumière les forces en présence tout en tempérant l’idée d’un affrontement forcément spectaculaire :
“C’est le choc des deux plus belles attaques de la compétition. Il y a chez ces deux équipes une envie réelle de prendre des risques, avec des facteurs X à tous les étages. Pour autant, les systèmes offensifs sont différents. Toulouse aime conserver le ballon, reste d’ailleurs leader de notre championnat en la matière (en moyenne, selon les statistiques d’AiA Sports, le temps de possession moyen de Toulouse par match est de 21 minutes et 14 secondes. Les Toulousains devancent justement les Girondins qui pointent à 19 minutes et 13 secondes en Top 14, N.D.L.R.). Bordeaux, en revanche, aime utiliser davantage le jeu au pied de territoire : sur les mètres gagnés au pied, l’UBB est numéro 1 et Toulouse bon dernier du championnat. En revanche, les deux équipes se rejoignent sur leur capacité à exploiter, très rapidement, les turnovers. La moindre perte de balle occasionnera donc beaucoup de danger, dimanche. […] Alors que tout le monde s’attend à un duel très aéré, je demande encore à voir. Les Bordelais savent que s’ils veulent battre Toulouse, il faudra d’abord combattre au sol. Et les Toulousains disent la même chose, quand ils évoquent leur adversaire. Le risque, c’est donc de retrouver en quart un jeu très Top 14, plus âpre, plus fermé qu’il ne l’est généralement en Champions Cup. Le repositionnement de Penaud au milieu du terrain ? Offensivement, il est intéressant parce que Damian possède une double faculté : celle de franchir, évidemment, mais surtout de faire jouer derrière lui. En défense, il est aussi bien entouré et semble surtout prêt au combat. Enfin, côté toulousain, Antoine Dupont, je ne le trouve pas ‘en dedans’, comme je l’entends ici et là. Il est excellent, distribue bien, met ses avants dans les bons intervalles et puis vous savez, à Toulouse, le jeu vient de partout, pas seulement de son numéro 9 et capitaine…”.
