Laurent Labit : “Bordeaux a progressé, mais Toulouse, c’est très dur de les mettre en difficulté, c’est vrai pour la charnière, pour les avants, pour le milieu du terrain…”

     

    Interrogé par L’Équipe, le manager de l’USAP, Laurent Labit, a livré son regard d’expert sur le duel très attendu entre les deux charnières qui s’affronteront ce dimanche au Stade Chaban-Delmas. Plutôt que d’opposer ces talents, il a tenu à mettre en avant la richesse actuelle du rugby français à ces postes clés, tout en soulignant les qualités propres à chacun des joueurs concernés :

    « On s’est plaint pendant des années de ne pas avoir de joueurs de qualité à ces postes-là. Plutôt que de les opposer, on doit juste apprécier de les voir à un tel niveau. Cette émulation fait beaucoup de bien au rugby français […] Il ne faut pas oublier que Maxime Lucu est capable aussi de prendre des initiatives, de dynamiser sur des pénalités vite jouées. Et Romain Ntamack peut sortir des choses extraordinaires, comme cette relance de l’en-but face à la Nouvelle-Zélande (en novembre 2021) ou cet essai magnifique en finale du Top 14 contre La Rochelle (en 2023) ».

    Photo Anthony Bibard/FEP/Icon Sport

    Dans la continuité de son analyse, le technicien s’est également attardé sur un aspect fondamental du jeu des deux équipes : l’utilisation du jeu au pied par leurs charnières. Il a mis en lumière l’importance de ce secteur dans la stratégie globale, notamment pour gagner la bataille territoriale et créer des opportunités offensives :

    « Elles s’appuient beaucoup sur les longueurs assez phénoménales de Dupont et Lucu, pied droit et pied gauche. Cela permet de très bonnes sorties de camp mais aussi de déstructurer l’équipe adverse en gagnant la bataille de l’occupation pour jouer des seconds ballons ou lancer des contre-attaques dont les deux équipes sont friandes […] On vante souvent l’attaque toulousaine et leurs individualités mais ce qui les fait gagner depuis des années, c’est aussi d’être la meilleure défense en France, voire en Europe. Bordeaux a progressé, mais Toulouse, c’est très dur de les mettre en difficulté, c’est vrai pour la charnière, pour les avants, pour le milieu du terrain… ».