Laurent Marti : “J’ai découvert une compétition fabuleuse avec sa dimension internationale et des émotions très fortes”

Interrogé par L’Équipe, le président de l’Union Bordeaux-Bègles, Laurent Marti, s’est confié sur les émotions ressenties après le premier grand titre remporté par le club la saison passée en Champions Cup. À la tête de l’UBB depuis de nombreuses années, il reconnaît avoir longtemps redouté que le club ne parvienne jamais à concrétiser sa progression par un trophée majeur, malgré les avancées sportives et structurelles réalisées au fil du temps. Laurent Marti rappelle également les différences de moyens qui existent avec certaines des plus grandes puissances du rugby français, comme le Stade Toulousain, ce qui rend encore plus marquante la réussite bordelaise :
“Ce qui m’inquiétait, et il y avait de bonnes âmes pour nous le rappeler régulièrement, c’était qu’on puisse ne rien gagner un jour. J’avais conscience que ça pouvait arriver. Les gens oublient que l’UBB est loin du budget et est assez loin de la masse salariale du Stade Toulousain (selon le rapport de l’A2R pour la saison 2024-2025, les budgets de Toulouse et de l’UBB étaient respectivement de 63 et 44 millions d’euros, et les masses salariales des joueurs s’élevaient à 13,3 et 11,2 M€). Nous, on est les Girondins de Bordeaux et on doit battre le Real Madrid ou le PSG pour gagner un titre. Ce n’était pas écrit qu’on arrive à surperformer en ayant les mêmes moyens que les poursuivants. Malgré ça, je l’aurais vécu comme un échec de ne jamais rien gagner. L’explosion de joie a été totale l’an dernier”.

Il s’est également confié sur l’évolution de son regard concernant la Champions Cup, une compétition qu’il considérait auparavant comme moins prioritaire que le Top 14. Laurent Marti explique que l’arrivée de Yannick Bru a largement contribué à développer cette culture européenne au sein du club. Désormais, il voit dans cette compétition une aventure exceptionnelle, génératrice d’émotions uniques et d’une exposition internationale importante, même s’il estime que la conquête du Top 14 reste indispensable pour inscrire définitivement l’UBB dans l’histoire du rugby français :
“C’est très clair. Yannick a amené cette culture de la Champions Cup dans le club. J’ai découvert une compétition fabuleuse avec sa dimension internationale et des émotions très fortes. Mais pour marquer l’histoire du rugby, il faut gagner le Brennus. Sinon, il nous manquera quelque chose dans notre palmarès ».
