Jefferson Poirot : “Quand Yannick a énoncé les 23 retenus sur la feuille de match, sans moi, ça m’a mis un coup”

     

    Interrogé par L’Équipe, notre pilier gauche Jefferson Poirot est revenu en détail sur la suspension qui l’avait privé de la demi-finale de Champions Cup face à Bath, une absence particulièrement marquante pour lui au regard de l’importance de l’événement et de son implication dans la saison de l’Union Bordeaux-Bègles. Le joueur bordelais a également évoqué le moment précis de l’annonce de sa non-sélection, vécu comme un véritable coup dur malgré une sanction qu’il dit avoir acceptée. Enfin, il est revenu sur la manière dont il a tenté de gérer cette frustration pour ne pas impacter le groupe avant une rencontre décisive :

    « J’ai trouvé la sanction de deux semaines un peu dure. Mais je l’ai acceptée. L’annonce de l’équipe pour affronter Bath a été décalée d’une journée pour attendre la décision de la commission de discipline. Quand Yannick (Bru) a énoncé les 23 retenus sur la feuille de match, sans moi, ça m’a mis un coup. C’était encore plus difficile à encaisser que la sanction en elle-même. Cette demi-finale à Bordeaux, c’était un événement et cette annonce actait que je n’y serais pas. J’attendais ce match avec impatience. J’ai 33 ans et j’arrêterai ma carrière en juin de l’année prochaine. Est-ce que j’aurai la chance de revivre une demi-finale ici ? Pas sûr… Mais j’ai essayé de vite basculer, de ne pas faire la tronche pour ne pas transmettre d’ondes négatives au groupe. L’important, c’était l’équipe, pas moi ».

    Il est aussi revenu sur l’action ayant conduit à sa suspension, ainsi que sur certaines polémiques survenues lors de la demi-finale face à Bath, notamment autour d’une action impliquant Maxime Lucu, en livrant une analyse critique de l’arbitrage et de l’usage des images vidéo dans ces situations :

    « Sur ma sanction, j’ai la sensation que le contexte n’est pas du tout pris en compte. Aucune circonstance atténuante n’est retenue alors que je suis plutôt bas sur mon plaquage. C’est l’adversaire qui m’attaque et dans un mécanisme de protection, je me tourne et je prends sa tête de côté. Il n’y a aucune intention de faire mal. J’ai conscience que ces situations sont très difficiles à arbitrer. Sur les polémiques de la demi-finale, il faut arrêter. Arrêter de faire des arrêts sur image. On peut faire dire ce qu’on veut aux images. Ça aurait été ridicule de sanctionner Max sur cette action. À vitesse réelle, c’est tellement furtif. Je pense que le joueur adverse n’a rien senti. À l’UBB, plaquer bas est un objectif par rapport à notre système défensif, ce qui nous permet de mettre plus de pression dans les rucks. L’ironie du sort, c’est que je suis le joueur ayant le pourcentage de ‘plaquages bas’ le plus haut de l’équipe. D’où ma frustration ».