Laurent Marti : “J’espère que chaque exploitation équilibrera ses comptes”

Interrogé par Sud-Ouest, le président de l’Union Bordeaux-Bègles, Laurent Marti, s’est confié sur ses récents achats viticoles, les châteaux Picque Caillou et du Taillan. Après avoir consacré une grande partie de sa vie professionnelle au textile et au rugby, le président bordelais s’est lancé dans un nouveau projet qui lui tient particulièrement à cœur : le monde du vin. Une démarche mûrement réfléchie, puisqu’il explique avoir recherché une propriété viticole pendant de nombreuses années avant de concrétiser ces acquisitions. Loin de présenter ces investissements comme une simple opération financière, Laurent Marti insiste sur son attachement à cet univers, à son patrimoine et à son environnement. S’il entend s’investir pleinement dans la gestion de ces domaines, il souhaite toutefois rester à sa place et s’appuyer sur des professionnels pour élaborer le vin :
« Ce n’est pas un caprice, je cherchais une propriété depuis onze ans. De la même manière que j’aime les mondes du textile et du rugby, j’aime celui de la vigne et du vin. Il me va bien […] La nature, les grands arbres et les vieilles pierres, ça me plaît. Je ne suis pas là par opportunisme ou pour faire du business […] Les hommes de l’art feront le vin, pas moi. En revanche, je veux comprendre tous les rouages pour prendre les bonnes décisions ».

Il est également revenu sur ses ambitions dans ce domaine qu’il découvre, alors que le secteur viticole bordelais traverse depuis plusieurs années une période particulièrement difficile. Malgré cette situation et les nombreux défis auxquels sont confrontés les producteurs, le président de l’UBB se montre relativement confiant quant à l’avenir du vignoble bordelais. Il estime notamment que le vin continue de susciter l’intérêt des nouvelles générations et considère que la période actuelle peut permettre de préparer le rebond du marché. Conscient que ses propriétés devront traverser plusieurs années délicates avant de trouver leur rythme de croisière, Laurent Marti souhaite avant tout parvenir à assurer la pérennité économique de ses exploitations :
« Je sais que la crise viticole est profonde, mais je vois aussi que beaucoup de jeunes s’intéressent au vin. Je vais souffrir les premières années. Une fois écoulés les stocks qui encombrent partout les circuits de commercialisation, les ventes de bordeaux repartiront, et on sera prêts […] J’espère que chaque exploitation équilibrera ses comptes ».