Aurélien Cologni : “Je vois tout ce qui peut être mis en place pour l’intégrité physique des joueurs d’un bon œil”
Publié le par Matthieu Meillan

Interrogé par L’Équipe, l’entraîneur de la défense de l’Union Bordeaux-Bègles, Aurélien Cologni, s’est confié sur l’interdiction des plaquages dits « pivotants », qui doit entrer en vigueur à partir du 1er novembre prochain.
Cette évolution des règles vise notamment à limiter les risques de blessures liés à cette technique de plaquage, dont les conséquences peuvent être particulièrement graves pour les joueurs.
Si le calendrier de cette modification peut, selon lui, faire débat, notre entraîneur de la défense accueille favorablement cette mesure, qui s’inscrit dans une volonté de mieux protéger l’intégrité physique des acteurs du jeu. Il estime qu’il est possible de renforcer la sécurité des joueurs sans pour autant dénaturer l’essence même du rugby, qui reste un sport de combat :
« Je trouve ça bien. Après, il y a le timing de ce changement dont on peut discuter. Mais ce que je vois là-dedans, c’est que ça va éviter des blessures supplémentaires. Il y a déjà beaucoup de clubs et de joueurs qui sont en souffrance à cause des graves blessures que ce plaquage génère. Sans dénaturer le rugby non plus, parce que ça reste un sport de combat, je vois tout ce qui peut être mis en place pour l’intégrité physique des joueurs d’un bon œil. »

Il est également revenu sur les particularités techniques de ce type de plaquage et sur les raisons pour lesquelles cette méthode lui semble peu adaptée aux exigences du rugby moderne.
En s’appuyant sur le principe du contrepoids, qui consiste à faire basculer l’adversaire en utilisant son propre corps, Aurélien Cologni souligne les difficultés que cette technique peut poser dans un sport caractérisé par la vitesse et la mobilité des joueurs.
À ses yeux, l’évolution des règles doit aussi inciter les défenseurs à améliorer leur précision technique, notamment pour limiter les contacts dangereux et les blessures à la tête. Il établit ainsi un parallèle avec les commotions provoquées par des contacts tête contre tête, qui peuvent notamment résulter d’une mauvaise maîtrise du geste défensif :
« Utiliser son corps pour faire basculer l’attaquant, à la façon d’un contrepoids comme on le voit au judo, c’est une technique qui n’est pas forcément adaptée au rugby parce qu’il y a plus de mobilité et de vitesse dans notre sport. Épurer ce genre d’action, ça oblige à être beaucoup plus propre sur l’attitude. C’est comme pour les commotions qui résultent de contacts tête contre tête. Elles viennent d’erreurs techniques au plaquage. Il faut donc augmenter la précision. »