Jefferson Poirot : “Ça a été l’ascenseur émotionnel pendant quarante-huit heures”
Publié le par Matthieu Meillan

Interrogé par l’Equipe, notre pilier gauche, Jefferson Poirot, est revenu les suites immédiates de sa blessure au genou, dont une conséquence pour le moins inattendue : “Je m’étais déjà dit : ‘Si je me fais le genou maintenant, c’est foutu’. Ça n’a jamais été un frein pour jouer, mais cette peur remontait à la surface de temps en temps. Quand je rentre aux vestiaires, je croise le docteur qui venait de recoudre Demba (Bamba). Il teste mon genou et me dit : “Les croisés sont en place.” Ça me rassure un peu, mais j’ai du mal à y croire. Le soir, je n’arrive pas à dormir. Je regarde un film, deux films et vers quatre heures du matin, ma femme m’envoie un message pour me dire qu’elle a des contractions et me demande de rentrer au plus vite ! Pourtant, la veille du départ en Irlande, son gynécologue lui avait dit qu’elle n’avait aucune chance d’accoucher pendant mon absence. Ma blessure a dû tout déclencher. Nouveau coup de stress. Je cherche un billet pour rentrer, mais le Dublin-Bordeaux est complet. Heureusement, la Fédération, qui avait affrété un vol, m’a trouvé une place. J’ai rallié Bordeaux le lundi en fin d’après-midi. Le soir à 22 heures, on a filé à la maternité. Ma fille est née le mardi matin à 10h30. À 13 heures, j’avais mon IRM du genou… Le verdict est tombé : ligament latéral interne rompu et opération. Ça a été l’ascenseur émotionnel pendant quarante-huit heures“.