Louis Picamoles : “Je ne veux garder que du positif de ma carrière. Je suis un chanceux du rugby. Certains étaient programmés. Moi c’est arrivé comme ça”

 

Interrogé dans les colonnes de l’Equipe, notre troisième ligne, Louis Picamoles, est revenu sur sa blessure aux ligaments croises, en 2019 : “À mon époque, on avait déjà ces cadences infernales mais, aujourd’hui, l’impact physique a encore franchi un cap. On voit de plus en plus de blessures, des joueurs usés, des gars de 23 ans déjà opérés plusieurs fois. D’autres avec des problèmes d’arthrose. Sur toute ma carrière, je n’ai jamais eu de grosses blessures avant les ligaments croisés, il y a deux ans […] L’émotionnel ça contribue à fragiliser. La dimension psychique de ce que je vivais là-bas, l’atmosphère toxique, m’ont usé et sont venues s’ajouter à une grande fatigue au retour de la Coupe du monde (2019). Je trainais une pubalgie. Mon corps m’a dit ‘stop, faut faire un reset’. Sur un appui, je me suis blessé seul. Mais bon, je ne veux garder que du positif de ma carrière. Je suis un chanceux du rugby. Certains étaient programmés. Moi c’est arrivé comme ça. Je jouais en jeunes sans nourrir ce rêve. Jouer en pro n’a jamais été mon objectif, c’est une succession d’aléas de la vie. Je n’ai jamais consenti à de gros sacrifices au départ. J’ai dû en faire ensuite pour durer. En débarquant à Toulouse, en 2009, j’ai découvert l’exigence. J’avais 23 ans. Un jour Yannick Bru m’a demandé de lever mon tee-shirt à côté de Thierry Dusautoir. J’étais bien gras. Ça m’a piqué et incité à bosser. Je suis fier de ma belle carrière. J’ai eu une part de chance d’être tombé sur des groupes de bonhommes magnifiques qui m’ont fait grandir. Succès sportif ou pas, ça passe après“.