Laurent Marti : “On va finalement faire qu’en trois ou quatre ans que revenir au niveau d’avant Covid”

Alors que la question de l’évolution du salary cap anime fortement les débats au sein du rugby professionnel français, entre enjeux économiques, compétitivité sportive et protection des joueurs, les dirigeants de Top 14 sont appelés à se positionner. Invité sur les antennes de TV7, le président de l’Union Bordeaux-Bègles, Laurent Marti, a pris le temps d’exposer longuement sa vision et ses convictions sur ce sujet sensible, en mettant en avant sa volonté de préserver une équité sportive durable entre les clubs :
“Ma position est qu’il faut que nous ayons des règlements, qui amènent le plus d’équité possible. L’équité sportive, pour moi, est essentielle. Elle est aussi valable aujourd’hui pour les clubs moins ‘huppés’ que l’Union Bordeaux-Bègles. Quand on cherche de l’équité, il faut qu’elle soit générale. Je suis pour ça, je veux qu’en sport tout le monde ait sa chance. Mon rêve absolu, ça serait que l’on ai tous la même masse salariale et le même budget. Ca serait du vrai sport, parce que ça serait ceux qui travaillent le mieux qui gagneraient. Et peut-être que ça ferait tourner les titres. On était à 11,3 millions brut de masse salariale avant le Covid. Nous avons baissé pendant le Covid et j’étais le premier à vouloir baisser fortement, parce qu’on ne savait pas où on allait. On est tombé jusqu’à 10,7. Or, les droits TV ont augmentés, les stades sont pleins, l’économie du rugby se porte bien. Nous avons des clubs qui continuent à être déficitaires et il y en a beaucoup, mais ceux-là, parce qu’ils ne s’appuient pas sur une économie réelle, vous pouvez baisser le salary cap autant que vous voulez, ils continueront à perdre de l’argent. On a une pression des joueurs internationaux qui disent qu’ils sont contraints par le salary cap. On a une pression parce qu’on sait que ça tape de plus en plus et qu’il faut étoffer les effectifs. Il y a une logique à dire qu’il faut réaugmenter le salary cap. On va finalement faire qu’en trois ou quatre ans que revenir au niveau d’avant Covid. Il n’y a pas de révolution de palais. On va revenir comme avant, dans une économie du rugby qui se porte mieux et dans une absolue nécessité de mieux étoffer et protéger nos joueurs. Les crédits internationaux vont baisser, si c’est voté, mais très progressivement pour laisser le temps à tout le monde de s’organiser et laisser une chance à tout le monde”.
