Noel McNamara : “Ce qui est très intéressant avec Yoram et Nico, c’est leur capacité à se comprendre mutuellement”

Interrogé dans les colonnes de Sud-Ouest, l’ancien demi d’ouverture international Thomas Castaignède a livré une analyse détaillée de la paire de trois-quarts centres de l’Union Bordeaux-Bègles, composée des internationaux Yoram Moefana et Nicolas Depoortere. Avec son regard d’expert et son expérience du haut niveau, il a souligné la complémentarité et la richesse de leur association :
« Moefana est dans un registre qu’on n’a pas trop en France, de premier centre très puissant et très surveillé qui peut permettre au 10 d’avoir un peu plus de latitude. Il pèse énormément sur la défense adverse mais sait faire beaucoup de choses. Depoortere a plus un style de finisseur, qui peut créer de l’incertitude sur le large, avec sa longueur de course et une belle capacité à faire le geste au bon moment, à transmettre au contact. Mais au-delà des numéros dans leur dos, leur complicité est inévitable ».
De son côté, l’entraîneur de la ligne d’attaque bordelaise, Noel McNamara, qui travaille quotidiennement avec les deux centres girondins, a également mis en avant leur intelligence de jeu et leur capacité d’adaptation dans un rugby moderne en constante évolution :
« Le rugby moderne ce n’est plus : moi je joue 12 et toi tu joues 13. Ce qui est très intéressant avec Yoram et Nico, c’est leur capacité à se comprendre mutuellement. Ils peuvent switcher leur poste. Le jeu est fait de dynamiques, de dézonage, d’opportunités. Il faut savoir scanner le jeu adverse, comprendre les déplacements de l’autre centre, prendre les décisions, comme le faisaient D’Arcy et O’Driscoll avec l’Irlande, ou Nonu et Smith avec les All Blacks. Et dans un stade plein, bruyant, un regard ou un geste peut suffire pour faire passer un message […] L’objectif pour un centre est d’être une triple menace : porter le ballon, faire jouer les autres, défendre. Et si possible d’ajouter une quatrième menace, le jeu au pied, pour poser encore d’autres problèmes à l’adversaire ».

