Jean-Baptiste Elissalde : “Quand on a une arme fatale comme ça, c’est con de s’en priver”

Interrogé par L’Équipe, l’ancien international français et consultant, Jean-Baptiste Elissalde, a livré une analyse particulièrement approfondie et technique du profil de l’ailier du XV de France et de l’Union Bordeaux Bègles, Louis Bielle-Biarrey, en mettant en avant l’utilisation optimale de ses qualités uniques dans le jeu offensif des Bleus :
“Ce n’est pas qu’il repose dessus, c’est que l’on profite de ses qualités. Déjà, il va beaucoup plus vite que tout le monde. Ça ne paraît pas grand-chose, deux-trois kilomètres/heure par rapport à son vis-à-vis, mais sur la mise en action, surtout par rapport à des mecs qui se retournent alors que lui est face au jeu, tu prends vite 5-10 mètres dans la vue et tu ne le reprends jamais. Ce qui est intéressant, c’est que notre jeu au pied penche à gauche, alors que l’on a beaucoup de droitiers sur le terrain. Normalement, c’est plus difficile de taper avec le pied droit parce que l’on peut se faire contrer. Avec le pied gauche, que ce soit rasant ou en l’air, on a moins de chance de se faire contrer. On a la chance d’avoir des virtuoses : Jalibert, Dupont, Ntamack, Ramos, qui sont capables de mettre ces ballons dans les espaces. La moindre petite erreur défensive, le moindre arrière qui vient couvrir trop vite, le moindre ballon de turnover, de récupération avec ces espaces qui sont libres parce que les joueurs passent d’attaquants à défenseurs et ne sont pas forcément bien positionnés sur le troisième rideau et n’y sont même pas comme sur le dernier essai. Tous ces petits espaces qui sont libérés avec des joueurs de la précision que l’on a au pied, on n’a qu’à le mettre dans les espaces. C’est comme tous ces grands joueurs parce qu’il a un temps d’avance sur les autres, il a toujours le bon petit rebond. Il a aussi une faculté à bien maîtriser le ballon au sol par le pied ou la main. Il est très adroit […] Il va plus vite, donc il a un temps d’avance sur les autres donc il arrive avant les autres et en plus il a cette gestuelle qui lui permet d’être adroit et de manipuler […] Quand on a une arme fatale comme ça, c’est con de s’en priver. Paradoxalement, il est presque meilleur quand on lui met le ballon dans les espaces, que quand on lui donne le ballon dans la défense parce que ce n’est pas un monstre physiologique. Il faut qu’il ait de quoi déborder ou manipuler les mecs. Dès qu’il a ces ballons qui roulent devant lui, c’est un danger pour les équipes adverses”.
