Yannick Bru : “Parfois, un manager de club peut se laisser aspirer à faire des choses contraires à son bien-être et à sa santé”

Invité sur le plateau de l’émission Top Rugby, diffusée sur TV7, le manager de l’Union Bordeaux Bègles, Yannick Bru, a pris le temps de développer une réflexion approfondie sur la pression constante qui entoure les managers et les staffs dans le rugby professionnel. En s’appuyant sur l’actualité récente marquée par la situation de Pierre Mignoni, il a élargi son propos aux exigences toujours plus fortes du Top 14, entre impératifs de performance, contraintes économiques et exposition médiatique, tout en insistant sur la nécessité de préserver un équilibre personnel :
“Je souhaite un bon rétablissement à Pierre (Mignoni) et je l’ai eu par message. Ça nous a tous un peu remués de voir ce qui lui était arrivé. Il faut replacer le contexte du sport professionnel dans l’actualité qui est la nôtre aujourd’hui. On n’est vraiment pas à plaindre, il suffit d’ouvrir le journal ou l’actualité des élections municipales pour voir que beaucoup de gens souffrent dans notre pays. On n’est pas bien placé pour se plaindre mais en même temps, il faut bien reconnaître que le rugby professionnel en Top 14 est devenu un tel monde de pression, d’interactions diverses entre le business, le court terme, le long terme, la formation et la nécessité de gagner des matchs à court terme, que parfois, un manager de club peut se laisser aspirer à faire des choses contraires à son bien-être et à sa santé. Et parfois à se négliger, à négliger sa famille parce que les journées ne s’arrêtent jamais entre l’analyse vidéo, les interactions avec les joueurs, avec les coachs, avec la partie économique du club, qui est fondamentale pour que le sportif fonctionne. C’est beaucoup de sollicitations, la partie médiatique aussi. Ça pourrait ne jamais s’arrêter. Il est important de se garder des sas de récupération, pour garder quelques batteries au vert. Ce que peut-être Pierre n’a pas su faire et que je commence à comprendre parce que j’ai 52 ans. Ça ne me rajeunit pas, mais je commence à avoir un peu d’expérience à ce niveau-là”.
