Yannick Bru : “Je crois vraiment qu’il y a une part de destin dans tout ça”

Invité du podcast UBBistes, notre manager Yannick Bru a pris le temps de revenir en profondeur sur la gestion physique de l’effectif et sur la succession de blessures qui a touché le groupe cette saison. Il explique notamment pourquoi il ne souhaite pas établir de lien direct et simpliste entre la préparation estivale raccourcie et ces pépins physiques, tout en apportant des éléments de réflexion sur la charge, la malchance et le contexte global :
“La préparation courte, on n’avait pas d’autres choix parce qu’on avait joué le maximum de matchs la saison passée (37 matchs, avec les deux finales). On avait fini le plus tard, on avait joué le plus. On n’avait pas d’autres choix que de planifier une intersaison courte. Il fallait donner à minima cinq semaines à nos joueurs. Après, il y a peut-être un lien avec les blessures qui nous ont touchés, dans le sens où la charge physique et émotionnelle a fait que certains organismes ont lâché. Après, je crois aussi à des coups du sort parce que si vous regardez les blessures, ce sont deux luxations d’épaules pour Yoram Moefana et Nicolas Depoortere, entorse du genou avec les Springboks pour Jean-Luc Du Preez et opération, rupture du tendon d’un doigt lors d’un échauffement pour Maxime Lucu et Romain Buros, c’est une entorse de la cheville. Joey Carbery, c’est de la malchance à un entraînement, sans opposition, il fait un double appui et son genou se dérobe et il se rompt un ligament. C’est un peu la même blessure que Sipili Falatea, il y a un an et demi, tout seul à l’entraînement. C’est vraiment de la traumatologie articulaire. Si on avait eu 15 déchirures, je vous aurais peut-être dit que l’on avait trop tiré ou mal pensé certaines choses sur le plan de la charge. Est-ce que cette traumatologie est liée à des coups du sort ou à une forme de fragilité que les joueurs ont développée parce qu’ils ont été trop exposés ? Je n’ai pas la réponse, mais ce qui est certain, c’est que l’on a payé, et j’espère que c’est terminé avec Nico, l’utilisation massive de notre effectif l’année dernière. Je crois vraiment qu’il y a une part de destin dans tout ça. On avait été relativement épargnés en 24-25 par les blessures, et surtout au niveau de nos joueurs majeurs, et là on est sur le feu. Ça fait partie des challenges qui nous ont été proposés. Il y a du stress généré, mais aussi du bon, parce que ça nous a forcés à tester des jeunes joueurs, à puiser dans le réservoir, à faire évoluer pas mal de jeunes joueurs. On a été obligés de se poser plein de questions différentes. Comme je dis souvent, on est de bien meilleurs entraîneurs quand on a toutes les Ferrari à disposition”.
