Joe Worsley : “Bordeaux, qui aime faire la passe de plus, devra vraiment veiller à ne pas finir par s’isoler pour ne pas s’exposer aux contre-rucks toulousains…”

     

    Interrogé dans les colonnes de Midi Olympique, l’entraîneur de la défense de Perpignan, Joe Worsley, a livré une analyse approfondie et très technique de l’affrontement entre son ancienne équipe et le Stade Toulousain, en quart de finale de Champions Cup. Fort de son expérience du très haut niveau et de sa connaissance du rugby français, il a notamment mis en lumière les spécificités défensives toulousaines ainsi que les clés du duel à venir face à l’Union Bordeaux-Bègles :

    “Quand je suis arrivé en France, je demandais à tout le monde comment Toulouse pouvait être, chaque année, une des meilleures défenses, voire la meilleure défense du championnat alors qu’ils ont un jeu avec beaucoup de prises de risques, plus de pertes de balle que la moyenne… Malgré ça, ils sont capables de concéder peu de points. Au-delà de la qualité intrinsèque des individualités, ça vient de l’intelligence de jeu des joueurs, de leur lecture des situations. Ils savent quand aller batailler dans un ruck, quand ne pas y aller et rester dans la ligne… C’est ce qui fait que c’est aussi dur de jouer contre eux. Il y a des équipes comme Montpellier ou Paris dont la force défensive tient à la structure. Chez les Toulousains, cela vient vraiment de la capacité d’adaptation. Après, ils ont des gars comme Jack Willis et Emmanuel Meafou qui ont des pouvoirs spéciaux pour casser les équipes adverses. Ils amènent une physicalité que Bordeaux n’a pas. Ou en tout cas pas avec autant de profondeur. Au-delà d’avoir moins de puissance pure dans ses rangs, l’UBB n’est pas aussi armée dans le jeu au sol. Ils ont de bons gratteurs mais Willis, Mauvaka sont encore à un autre niveau dans ce domaine. Bordeaux, qui aime faire la passe de plus, devra vraiment veiller à ne pas finir par s’isoler pour ne pas s’exposer aux contre-rucks toulousains… Sur le secteur défensif, l’UBB est un cran en dessous. Ça se voit dans les chiffres avec quatre points encaissés de plus par match. Pour le quart de finale, la gestion des turnovers sera déterminante. On sait que ce sont deux équipes qui sont plus dangereuses que jamais dans le désordre. Lors de la dernière finale de Top 14, les Girondins avaient réussi à exploiter chaque munition, chaque ballon qui traînait, notamment avec le jeu au pied de Maxime Lucu. La couverture du terrain sera un sujet déterminant pour les Toulousains”.