Didier Bès : “Au vu des formes actuelles des deux mêlées, je trouve que Bordeaux a gagné en stabilité”

     

    Interrogé dans les colonnes de Midi Olympique, l’entraîneur de la mêlée de Montpellier, Didier Bès, a livré une analyse pointue du duel entre l’Union Bordeaux-Bègles et le Stade Toulousain en quart de finale de Champions Cup. Spécialiste reconnu du secteur, il s’est appuyé sur des observations précises, mêlant souvenirs de la saison passée et état de forme actuel des deux packs, pour décrypter les forces en présence :

    “J’ai revisionné la demi-finale de l’an dernier entre Toulouse et Bordeaux, et il faut avouer que l’UBB avait été mis sous pression dans le secteur de la mêlée. Pas dominé, mais mis sous pression. Malgré tout, les Girondins ont réussi à sortir leurs ballons quand les Toulousains les attaquaient, même s’ils le faisaient parfois un peu dans l’urgence. Au vu des formes actuelles des deux mêlées, je trouve que Bordeaux a gagné en stabilité. Ils peuvent s’appuyer sur deux gros droitiers que sont Ben Tameifuna et Carlu Sadie. Le premier revient bien en forme et le second a progressé depuis l’année dernière. Idem pour le talonneur Lamothe, qui je trouve a beaucoup progressé. À ses débuts, je me souviens qu’il avait quelques lacunes dans l’exercice de la mêlée fermée, mais aujourd’hui c’est de l’histoire ancienne. À ses côtés, je trouve que Jefferson Poirot est revenu à un très bon niveau. C’est un joueur qui avait été beaucoup utilisé, qui avait connu des blessures, mais aujourd’hui il est le titulaire indiscutable au poste. Je le trouve très propre en mêlée et puis au-delà de ça, c’est un leader du groupe et l’UBB aura besoin de ses leaders pour des matchs de phase finale. Côté Toulousain, je ne suis pas inquiet pour David Ainu’u. Il adore la mêlée, il peut jouer des deux côtés et je le trouve très solide à gauche. Et l’avantage, c’est qu’il est très disponible dans le jeu courant. Je ne serais pas non plus étonné de voir le staff conforter Peato Mauvaka au poste de talonneur. Bien sûr, Julien Marchand possède un profil un peu plus costaud en mêlée, mais il ne faut pas oublier que Mauvaka est aussi sacrément costaud, et pèse dans les 115 kilos. Ce n’est donc pas un ‘longiligne’ de 100 kilos. Et à droite, le Stade peut compter sur Dorian Aldegheri, avec qui on a été dur durant le Tournoi, je trouve. Donc quoi qu’il en soit, ce sont deux équipes solides, qui ne galvaudent pas la mêlée”.