Jean-Baptiste Elissalde : “Dupont-Ntamack reste au-dessus en termes de performance”

Interrogé par L’Équipe, l’ancien manager de Montpellier, Jean-Baptiste Elissalde, a livré son analyse experte du duel stratégique qui opposera ce dimanche la charnière toulousaine à celle de l’Union Bordeaux-Bègles. Fin connaisseur du poste, il a notamment détaillé les rôles et les complémentarités au sein de ces deux paires, en distinguant profils de créateurs et de gestionnaires :
« Dupont–Ntamack reste au-dessus en termes de performance. Parce qu’il y a Antoine Dupont, qui est hors-norme, mais ça n’enlève rien aux très bonnes performances de Maxime Lucu […] Les chiffres le montrent : les “duellistes” sont Matthieu Jalibert et Antoine Dupont, ceux qui vont provoquer et souvent faire des différences dans la défense adverse. Les “régulateurs” sont Maxime Lucu et Romain Ntamack, plus posés et stratèges disons ».

Dans la continuité de son analyse, le technicien s’est également penché sur les différences structurelles entre les plans de jeu des deux formations. Il a ainsi détaillé les organisations offensives propres à chaque équipe, en mettant en lumière les circuits de jeu et les rôles attribués aux joueurs clés dans les différentes séquences :
« Sur les retours, les Toulousains jouent avec deux cellules d’avant. Une première est utilisée sur la première séquence et va souvent défier. Puis, sur la deuxième, Antoine Dupont touche l’autre cellule plus au large. Romain Ntamack navigue derrière eux et s’adapte : soit il peut demander directement le ballon à la deuxième cellule, soit il peut être sollicité sur le troisième temps de jeu. Ce qui explique qu’il touche moins le ballon et qu’il semble plus effacé qu’un Jalibert […] Bordeaux a une animation plus répandue en 1-3-3-1 (les “1 dans les couloirs” et deux blocs de “3”). Le premier bloc de 3 va défier dans 90 % des cas et on sollicite souvent Jalibert dès la deuxième séquence et il prend la main, soit pour solliciter le deuxième bloc d’avants, pour toucher ses trois-quarts, pour attaquer un intervalle, etc. […] L’UBB cherche plus la longueur et on voit Toulouse utiliser un peu plus de jeu au pied contestable pour ne pas rendre le ballon trop loin dans le terrain. Dupont prend beaucoup le jeu au pied, c’est plus partagé à Bordeaux où Jalibert peut aussi utiliser son par-dessus pour contourner la défense ou taper pour finir des actions sur une passe au pied ».
