Yannick Bru : “Pour moi, il serait inconcevable avec ce qu’on a bâti, le public qu’on a, les moyens que l’on a, l’effectif que l’on a, de ne pas jouer la phase finale du Top 14”

     

    Interrogé par Sud Ouest, le manager de l’Union Bordeaux-Bègles, Yannick Bru, s’est projeté sur la fin de saison qui attend son équipe après le sacre européen remporté en Champions Cup. Si ce titre historique constitue une immense satisfaction pour le club, le technicien bordelais a rappelé que l’aventure est loin d’être terminée. Désormais pleinement focalisé sur le Top 14, il estime que l’UBB se doit de prolonger sa saison en décrochant sa qualification pour les phases finales. Pour lui, les efforts consentis depuis le début de l’exercice, la qualité de l’effectif, l’engouement populaire autour du club et les liens tissés au sein du groupe rendent impensable l’idée de voir l’aventure s’arrêter prématurément :

    « Ce qui est pris n’est plus à prendre. Maintenant, on est résolument tourné vers ces quatre semaines qui nous attendent. J’espère qu’on sera à la hauteur parce que pour moi, il serait inconcevable avec ce qu’on a bâti, le public qu’on a, les moyens que l’on a, l’effectif que l’on a, de ne pas jouer la phase finale du Top 14 […] Il y a de l’énergie. Il y a surtout l’envie de ne pas gâcher ces derniers moments de plaisir ensemble. On sait que certains joueurs vont nous quitter. On sait aussi qu’on a bataillé quasiment 11 mois pour être là. Ce serait une grosse arrogance de se dire qu’on peut gâcher les trois dernières semaines parce qu’on a déjà fait quelque chose de bien. Les joueurs n’ont pas envie que ça s’arrête ».

    Yannick Bru est également revenu sur l’approche adoptée par son groupe avant cette rencontre décisive. Le manager bordelais assure que l’équipe ne compte pas modifier ses habitudes malgré l’importance de l’enjeu. Habitués depuis plusieurs semaines à évoluer sous pression dans des matchs couperets, les joueurs de l’UBB abordent ce rendez-vous avec le même niveau d’exigence. Il souligne toutefois qu’une différence majeure existe désormais : le groupe peut se concentrer exclusivement sur le Top 14 après avoir mené de front plusieurs objectifs tout au long de la saison, une situation qui a parfois pu peser inconsciemment sur certaines performances :

    « On l’appréhende comme tous les matchs qu’on joue depuis maintenant cinq, six semaines. Ça ne change rien à notre quotidien. On est obligé d’être à notre meilleur niveau. La seule chose qui change, c’est qu’on est libéré du poids de ces deux compétitions à gérer en même temps avec certaines arrière-pensées qui nous ont parfois joué des tours. Inconsciemment des fois, on n’a peut-être pas jeté toutes nos forces dans la bataille. Ça nous a coûté cher et c’est quelque chose sur lequel on devra réfléchir ».