[AJ] Léo : “Je m’en souviens comme d’un moment effrayant”

dan leo

 

 

Vous le savez certainement, le deuxième-ligne samoan et ancien joueur de l’UBB, Dan Léo, a été exclu de sa sélection après avoir dénoncé l’abus de pouvoir des dirigeants. D’ailleurs, Dan se bat actuellement pour que les petites équipes du rugby soient mieux traitées. Il revient sur ce moment difficile de sa carrière :

 

“Cela remonte à l’automne 2014, quand les joueurs samoans ont menacé de ne pas jouer un test-match contre l’équipe d’Angleterre à Twickenham. Quelques jours auparavant, on avait demandé au vice président de notre fédération, Harry Schusster, une augmentation de la prime que l’on percevait pour chaque rencontre internationale : 550 euros au lieu de 400. Cette somme n’avait jamais augmenté depuis 1999. La réponse de Schuster avait été cinglante : “Non. Votre boulot, c’est jouer, pas de demander ce genre de trucs”. Dans notre équipe, certains gars n’ont pas de contrats professionnels, des familles à la maison… Ils gagnent plus en étant manutentionnaires chez Tesco (chaîne de supermarchés) qu’en jouant pour les Samoa. Mais Schuster n’a même pas voulu discuter […] Mais comme le match allait se jouer à guichets fermés et rapporter beaucoup d’argent à la fédération anglaise (recettes estimées à 9,5 M€), World Rugby est intervenu… Juste avant, à l’issue d’un vote, les joueurs m’avaient désigné pour que je parle en leur nom, sûrement parce que j’ai un peu d’expérience, que je fais des piges dans les journaux et que j’ai pas mal de contacts. C’est donc moi que Mark Egan (directeur de la performance et des compétitions à World Rugby) a appelé. Il m’a dit : “Si vous ne jouez pas contre l’Angleterre, on vous exclut de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques”. Je m’en souviens comme d’un moment effrayant. Il menaçait d’exclure les Samoa ! Je lui ai dit que j’allis consulter les gars et on a décidé de rester sur notre ligne. Finalement, une réunion s’est tenue et on est parvenus à obtenir ce qu’on voulait. Mais c’est quand même terrible d’avoir dû en arriver à de telles extrémités pour juste amener Schuster à s’asseoir autour d’une table avec nous”.

 

L’Equipe