[AJ] Léo : “Maintenant, plus rien ni personne ne m’empêchera de parler”

dan leo

 

 

Hier soir, lors d’un article sur notre site, nous vous avons raconté comment Dan Léo était devenu le porte parole de sa sélection. Est-ce qu’il a regretté d’avoir parlé au nom de son équipe ? Voici sa réponse :

 

“Absolument pas. Si je suis honnête, parler n’est pas quelque chose que j’ai choisi mais que j’ai été amené, presque forcé à faire lorsque les joueurs m’ont désigné. Je savais qu’en acceptant, j’allais sûrement sacrifier ma carrière. Mais le plus dur, c’était de savoir que je m’élevais contre la culture de mon pays. Pour moi, cet épisode a été une étape très importante. C’est la première fois que je prenais la parole au nom d’un groupe ; que je disais non. Je ressentais la pression, celle de ma famille qui était loin ; celle, plus tard, de mon épouse Sarah, qui est anglaise et qui s’est inquiétée quand Schuster (ancien juge de profession) a menacé de me poursuivre en justice. Mais j’ai surmonté ma peur. Quand tu as parlé une fois, la deuxième te paraît facile et la troisième encore plus. Alors je continue. Maintenant, plus rien ni personne ne m’empêchera de parler car ce que je demande est juste”.

Pourtant cette action lui a coûté sa place en équipe nationale comme d’autres joueurs… : “Ils m’ont viré de l’équipe au printemps dernier, juste avant d’entamer la préparation à la Coupe du Monde. Aux Samoa, à chaque fois qu’un joueur exprime son désaccord, ils ne le sélectionnent plus. C’est ce qui est arrivé à Eliota (Fulmaono), à Mahonri (Schwalger), deux autres Samoans qui ont dénoncé la corruption de Schuster. Chez nous, quand tu oses donner ton opinion, ta carrière internationale est finie. Tout le monde le sait aux Samoa, mais personne ne peut atteindre Schuster. Ce sera peut-être le prochain Premier ministre du pays, les gens veulent être ses alliés. Les joueurs, on peut le comprendre, sont effrayés de parler […] Aux Samoa, tout est affaire de hiérarchie et d’âge. Quand tu es jeune, tu ne dis jamais rien et tu ne peux exprimer ton opinion que quand tu deviens un ancien. Pour moi, qui ne vis pas aux Samoa, c’est plus facile. Mais, là-bas, c’est un tout petit pays et les joueurs ne veulent pas causer de tort à leur famille. Moi-même, j’ai beaucoup de pression de la part de mes parents : “S’il te plaît, tais-toi, tu rends notre vie difficile, tu parles contre le Premier ministre (qui se trouve être le président de la Fédération). Toi, tu vis en Angleterre, mais nous, nous avons notre ferme ici, les terres appartiennent au gouvernement”.

Retrouvez cette interview très intéressante en intégralité dans l’édition de l’Equipe du mercredi 11 novembre