Shaun Sowerby : “L’idée, c’est de faire passer ce qui est le plus important et crucial, mais pas trop d’informations”

Invité de l’émission 100 % UBB, sur les ondes d’ICI Gironde, notre entraîneur de la touche, Shaun Sowerby, est revenu sur l’utilisation des statistiques dans le rugby moderne et notamment sur leur utilisation en cours de match, ainsi qu’à la mi-temps. Si les données chiffrées occupent aujourd’hui une place importante dans l’analyse des performances, elles ne peuvent pas pour autant être utilisées de la même manière selon le moment de la rencontre. Pour le technicien sud-africain, les statistiques peuvent notamment permettre de confirmer certaines tendances observées sur le terrain, d’appuyer un message ou encore d’attirer l’attention des joueurs sur un secteur particulier. Mais à la pause, le temps disponible est particulièrement réduit et le staff doit donc faire des choix afin de ne pas surcharger les joueurs d’informations. Shaun Sowerby a ainsi expliqué comment les entraîneurs sélectionnent les données les plus pertinentes et adaptent leur discours en fonction du contexte et des besoins de l’équipe :
“Le contexte y est pour beaucoup, donc c’est important, le moment où on s’en sert. Tout ce qui est possession, territoire, occupation, ce sont des choses importantes, le nombre d’erreurs, de pénalités, dans quel secteur. Toutes ces statistiques-là sont importantes pour faire passer un message, si ce n’est pas encore compris. De temps en temps, il y a même les images qui sont montrées. Mais la mi-temps est relativement courte, on n’a que quelques minutes pour récupérer et pour faire passer les messages en séparé, en individuel et en collectif. L’idée, c’est de faire passer ce qui est le plus important et crucial, mais pas trop d’informations. Les joueurs, ils coupent aussi avec la première mi-temps, ils essaient de récupérer et ils ne peuvent pas tout retenir. Il faut être intelligent avec son message et vraiment pointer un ou deux points clés. Tout est relatif, le rugby maintenant est un peu différent. On avance et, comme on avance, on a beaucoup d’outils et de choses qui font avancer ce sport, et tant mieux. Mais c’est toujours la question de comment je m’en sers et à quel moment on fait passer quel message qui est le plus important”.