Aurélien Cologni : “Il faut qu’on arrive à instaurer dans la tête des joueurs que défendre sa ligne, sa zone d’en-but, ça fait partie de l’engagement qu’on veut mettre”

 

Interrogé par l’Indépendant, l’entraîneur de la défense de l’Union Bordeaux-Bègles, Aurélien Cologni, est revenu sur son travail au sein du staff bordelais et sur l’importance qu’il accorde au secteur défensif. Alors que l’UBB est souvent associée à un rugby porté vers l’attaque et la production de jeu, le technicien souhaite également installer une véritable culture défensive au sein du groupe. Pour lui, défendre ne doit pas être considéré comme une simple nécessité pour encaisser moins de points, mais comme une partie intégrante de l’engagement collectif et de l’identité de l’équipe. Il a ainsi expliqué sa volonté de faire évoluer la perception de la défense chez ses joueurs et de leur transmettre davantage d’exigence dans ce domaine :

“On essaie de prendre un peu sur soi. Je suis de ceux qui n’apprécient pas prendre 20 points. Si tu gagnes 50 à 40, ça ne va pas. Il y a des scores fleuves, effectivement, parce que tout est favorisé pour accélérer le jeu et l’accélération du jeu donne forcément un accent sur le côté offensif. Mais je ne suis pas intéressé pour qu’on essaie de prendre deux essais de moins que l’adversaire. Il faut qu’on arrive à instaurer dans la tête des joueurs que défendre sa ligne, sa zone d’en-but, ça fait partie de l’engagement qu’on veut mettre. Le rugby n’a jamais été un sport où on ne favorise que l’attaque et on essaie de prendre un peu moins de points”.

Aurélien Cologni est également revenu sur la difficulté de défendre efficacement dans le rugby actuel. Avec l’évolution du jeu, l’augmentation du rythme et l’importance prise par les duels aériens et les ballons de récupération, le travail défensif ne peut plus se limiter à la seule capacité à imposer des contacts. L’entraîneur bordelais estime ainsi que les défenseurs doivent désormais être capables de comprendre davantage de situations, de s’adapter aux différentes formes de jeu et de trouver des solutions collectives pour limiter les opportunités offertes aux adversaires. Il entend donc élargir la conception du rôle du défenseur au-delà du simple plaquage :

“On essaie de défendre le mieux possible, mais il y a beaucoup de duels aériens aussi aujourd’hui, qui font que la pièce tombe un peu d’un côté ou de l’autre. Ces deuxièmes ou ces troisièmes ballons donnent aussi des essais de contre-attaque. Le format de jeu a beaucoup changé. C’est à nous, entraîneurs de la défense, de trouver des solutions pour ne plus rapporter la défense qu’aux contacts durs, virils, avec des plaquages secs. Un bon défenseur, ce n’est plus seulement ça.”