Aurélien Cologni : “Il faut donc passer plus de temps sur l’exécution du plaquage, comme on peut le faire sur les phases statiques”
Publié le par Matthieu Meillan

Interrogé par L’Équipe, l’entraîneur de la défense de l’Union Bordeaux-Bègles, Aurélien Cologni, est revenu sur la nécessité de consacrer davantage de temps au travail technique du plaquage. À ses yeux, la préparation défensive ne peut pas se limiter au développement de la puissance physique et à la capacité à remporter les collisions.
Face à des joueurs toujours plus athlétiques, capables de combiner vitesse, force et mobilité, les défenseurs doivent également perfectionner leur placement, leurs appuis et leur approche du porteur de balle. Notre entraîneur estime ainsi qu’une meilleure maîtrise technique permettrait de réduire les situations dangereuses, en apprenant aux joueurs à intervenir au bon moment et dans de bonnes conditions.
Il plaide donc pour que l’exécution du plaquage bénéficie d’un travail aussi régulier et structuré que celui consacré aux phases statiques :
« On ne peut pas uniquement travailler la collision et la force de frappe. Il faut aussi bosser les appuis, le côté d’impact… Parce qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de joueurs physiquement très costauds et aussi très mobiles. Vitesse + puissance + mobilité… Si tu n’es pas à l’heure sur ton approche, ça fait un crash. Il faut donc passer plus de temps sur l’exécution du plaquage, comme on peut le faire sur les phases statiques. »
Aurélien Cologni s’est également exprimé sur les zones du terrain où les plaquages concernés par les récentes évolutions réglementaires sont, selon lui, les plus fréquents. Il distingue notamment les abords de l’en-but, où les affrontements rapprochés et les phases de jeu courtes favorisent les contacts frontaux, du reste du terrain, où ces situations seraient moins nombreuses.
Pour notre entraîneur de la défense, l’attention doit donc se porter en priorité sur ces zones de confrontation directe, où la vitesse d’exécution et la proximité entre les joueurs laissent peu de temps au défenseur pour ajuster son geste.
Cette analyse permet de mieux cerner les situations dans lesquelles le travail technique et la prévention doivent être particulièrement renforcés :
« Certains de ces plaquages sont très frontaux et assez visibles parce que la position est très vite prise par le plaqueur. Je pense surtout à la zone près de l’en-but, à 10 ou 15 mètres. Mais sur le reste du champ de jeu, on en voit très peu. Cette règle concerne surtout la zone d’affrontement, avec du jeu à une passe. C’est là-dessus qu’il faut mettre la loupe. »