Christophe Laussucq : “On a un championnat de Top 14 qui marche et je trouve que c’est difficile de tout mettre à plat, mais on a des contraintes”

Invité de l’émission 100 % UBB sur les ondes d’ICI Gironde, notre entraîneur de la défense, Christophe Laussucq, a longuement développé sa réflexion autour des éventuelles simplifications du calendrier. Entre impératifs économiques, droits télévisés et équilibre global du rugby professionnel français, le technicien bordelais a livré une analyse lucide et nuancée, tout en rappelant les contraintes structurelles qui rendent toute réforme particulièrement complexe :
“Je pense qu’il y a des raisons économiques, le Top 14 est un championnat qui est rentable. On est contents de remplir 13 fois le Stade Chaban Delmas, on est contents de se déplacer. Il y a beaucoup de recettes, les droits télés. On dépend de ces droits télés, du bon fonctionnement de ce Top 14. Je crois que c’est très difficile de rogner des dates, je pense que Canal + n’aura pas envie de payer le même prix pour des diffusions en moins. Pour nous, c’est moins de recettes aux guichets, dans les loges. Du côté de la Champions Cup, vu la tournure actuelle, il y a peut-être une réflexion à avoir. Je le redis, je n’ai rien contre les Sud-Africains, mais ils ne jouent pas le jeu. Ils jouent les matchs chez eux et encore. Ils envoient des équipes B à l’extérieur. À quoi ça sert de les conserver, je n’ai pas forcément la vérité. Est-ce qu’ils nous amènent une plus-value économique, je n’en sais rien. Est-ce que 8 clubs français et 3 qui la jouent à fond, peut-être qu’il faut en enlever aussi. Pour moi, il y a plus une réflexion à avoir sur la Champions Cup. Il faudrait en parler avec le président, je ne connais pas exactement les rentrées qui sont liées à la Champions Cup. Tout ça, je ne maîtrise pas. Ce qui est sûr, c’est que l’on a un championnat qui nous permet de bien vivre, d’avoir des clubs qui se structurent, parce qu’économiquement le rugby français se porte bien. Ce n’est pas en enlevant des dates… Si on enlève des dates, il faudra faire des concessions quelque part, sur les salaires, sur les masses salariales, sur les structures. On se plaint tout le temps, mais globalement le rugby français marche bien et tout le monde est content d’être bien payé, d’avoir des stades remplis, d’avoir beaucoup de dates, d’avoir une visibilité du rugby qui n’a jamais été aussi importante. Quand j’étais gamin, on voyait 4 matchs de rugby : l’équipe de France, la demi-finale et la finale. On a un sport qui est médiatisé, qui fait de l’audimat, qui nous ramène des jeunes parce qu’on donne une bonne image. On peut peut-être gratter quelques dates, mais on ne peut pas non plus remettre tout à plat. Les formules qu’il y a eu en Afrique du Sud, avec des championnats resserrés de province, ça n’a pas forcément marché. Nous, on a un championnat de Top 14 qui marche et je trouve que c’est difficile de tout mettre à plat, mais on a des contraintes”.
