Carlu Sadie : “J’avais enlevé ma minerve pour lui montrer que je pouvais bouger la tête et c’est là qu’il m’a dit de la remettre immédiatement”

     

    Interrogé par Rugbypass, notre pilier droit Carlu Sadie est revenu avec émotion sur la grave blessure aux cervicales contractée lors de la rencontre face à Lyon au Stade Chaban-Delmas, en janvier 2025. Après avoir d’abord ressenti de simples craquements dans le cou au fil des mêlées, la situation s’est brutalement aggravée lors de la dernière introduction, au point qu’il ne parvenait plus à relever la tête. Il raconte les heures d’angoisse qui ont suivi, entre inquiétude personnelle et éloignement familial, puisque sa femme était en Afrique du Sud pour préparer leur futur déménagement :

    « Je devais prendre l’avion le lendemain pour rejoindre ma femme en Afrique du Sud. Le match commençait à 21 h et quand je suis rentré chez moi, je l’ai appelée à 1 h du matin pour lui dire : “Écoute, je ne peux pas voyager, quelque chose ne va pas, je dois passer des examens médicaux, annule le vol”. On m’avait renvoyé chez moi avec une minerve, et quand je suis sorti de la douche, je suis allé me sécher les cheveux et j’ai ressenti la même sensation, un tat-tat-tat dans mon cou. J’ai appelé le médecin à deux heures moins le quart du matin. Cette nuit-là, tout vous passe par la tête. Ma femme m’a appelé et, je ne l’oublierai jamais, elle m’a gardé en ligne sur WhatsApp toute la nuit pendant que j’étais seul à la maison ».

    Les premiers examens ont permis d’écarter l’hypothèse d’une fracture, mais des analyses complémentaires, notamment une IRM, ont rapidement fait monter l’inquiétude. Convoqué en urgence chez un spécialiste des cervicales, le pilier bordelais a vécu un moment particulièrement marquant, entre attente, tension et prise de conscience de la gravité potentielle de la situation :

    « Le médecin a reçu mes résultats et m’a dit que je devais voir le spécialiste du cou au plus vite. J’ai alors ressenti un froid glacial me parcourir le corps. Ce médecin est tellement débordé qu’il faut prendre rendez-vous des mois à l’avance ; j’ai attendu quatre heures devant son cabinet pour qu’il puisse me recevoir en urgence le jour même. Il m’a regardé d’un air impassible et m’a demandé : “Ça va ?” Oui, aucun problème, je peux porter des sacs, faire ce que je veux. J’avais enlevé ma minerve pour lui montrer que je pouvais bouger la tête et c’est là qu’il m’a dit de la remettre immédiatement ».

    Le verdict est alors tombé : Carlu Sadie s’était rompu l’un des ligaments qui maintiennent en place les vertèbres C1 et C2, une blessure particulièrement sérieuse au regard de la zone touchée.