Yannick Bru : “J’ai passé une année magnifique en termes de respiration”

     

    Invité du podcast de l’Union Bordeaux Bègles, En Bord Terrain, le manager bordelais Yannick Bru est revenu en profondeur sur son expérience marquante en Afrique du Sud. Entre besoin de prendre du recul après une période éprouvante en France et découverte d’un environnement radicalement différent, il a détaillé ce que cette immersion lui a apporté, tant sur le plan humain que professionnel, en évoquant notamment la culture locale du rugby et les réalités sociales du pays :

    “Ca m’a apporté beaucoup d’oxygène. Je sortais de quatre années sur mon premier poste de manager à Bayonne, qui était un peu une start-up, un club qui était monté de Pro D2, qui a bataillé pour rester, qui est redescendu et qui a réussi à remonter. Au bout de ces quatre années, j’étais vraiment épuisé pour différentes raisons. J’avais besoin de quitter l’environnement du rugby français, que je commençais à bien connaître parce que j’avais eu quelques expériences. J’ai eu l’opportunité grâce à Eduard Coetzee, ancien pilier de Bayonne et du Biarritz Olympique qui était le CEO, le patron opérationnel des Sharks de Durban et que j’avais croisé lors de mon parcours en équipe de France. Il m’avait dit que les Sharks intégraient la Champions Cup, les compétitions européennes, qu’il ne savait pas du tout à quoi cela ressemblait et que comme j’avais connu pas mal de choses à ce niveau-là, il aimerait que je vienne pour être consultant senior chez eux. J’ai passé une année magnifique en termes de respiration, ça a aussi été pour moi un retour à l’université, j’ai fait une nouvelle formation sur le management. J’ai appris beaucoup de choses, notamment les conditions de vie d’un peuple et de joueurs à l’extérieur du rugby, conditionnant leur engagement sur le terrain. L’Afrique du Sud est un pays qui souffre beaucoup, je sais qu’il y a une approche marketing qui est forte autour des Springboks, mais la réalité, c’est qu’ils souffrent beaucoup, de l’insécurité, des problèmes de chômage, de protection individuelle, d’assurance maladie, d’inégalités, de corruption. Ceux qui ont la chance d’avoir un travail dans le rugby s’engagent au-delà du raisonnable pour réussir cette carrière. Sur le plan des efforts qu’il faut fournir dans une équipe de rugby, on observe souvent que les Sud-Africains sont un peu supérieurs aux autres. Ce n’est pas que leur dotation physique qui les aide. C’est aussi une mentalité vraiment spéciale. Ils ont une approche très militaire de l’organisation du rugby, des plans de jeu, du respect de l’encadrement. C’est assez facile d’entraîner là-bas”.