Jefferson Poirot : “Cela me permet d’être serein dans mon rugby car je sais où je vais ensuite”

Interrogé par L’Équipe, notre pilier gauche Jefferson Poirot est revenu sur les sensations qui l’ont accompagné au moment de retrouver le maillot de l’équipe de France face à Angleterre XV, le 19 juin dernier à Vannes. L’ancien capitaine des Bleus a expliqué avoir abordé ce retour avec un état d’esprit bien différent de celui de ses débuts en sélection, privilégiant désormais le plaisir et l’envie de profiter pleinement de cette nouvelle opportunité :
“J’avais l’excitation d’une première sans avoir trop de pression. En 2016, quand je suis arrivé en équipe de France, j’avais 23 ans, peu d’expérience et il y avait cette exigence d’être très, très, très performant pour y rester. Ce n’est pas que je ne suis pas exigeant en revenant aujourd’hui mais je suis dans une phase de ma carrière qui est un peu plus ‘plaisir’. J’ai envie de finir le plus haut possible, sans penser à un prochain contrat ou à mon image. Cela change beaucoup de choses dans l’approche”.

Le pilier bordelais a également confirmé que, malgré son retour sous le maillot tricolore, il mettrait un terme à sa carrière de joueur professionnel en 2027, à l’issue de son contrat avec l’Union Bordeaux-Bègles. Il est revenu sur les raisons qui l’avaient conduit à prendre du recul avec la sélection en 2020, tout en expliquant comment il a préparé sa reconversion au fil des dernières années :
“(Il se marre.) Ce n’est pas pareil. La deadline, c’est la deadline, là ! En fait, pour refaire le chemin, en 2020, je n’ai pas dit que j’arrêtais totalement. En tout cas, dans ma tête, c’était une parenthèse. Et quand j’en parle à Fabien (Galthié, le sélectionneur), il me dit bien qu’il ne s’interdit pas de me resélectionner un jour. Mais j’avais mes raisons. Je voulais passer plus de temps avec ma femme et mes enfants (7 et 8 ans aujourd’hui), construire mon après-carrière et me consacrer à l’UBB pour y gagner un titre. J’ai monté une entreprise (en bureautique), j’ai plusieurs projets immobiliers, je bosse beaucoup là-dessus depuis six ans, après les entraînements, sur mes jours off. J’avais besoin de ce temps, ce que ne me permettait pas ma vie d’international. Aujourd’hui, ce projet tourne bien. Cela me permet d’être serein dans mon rugby car je sais où je vais ensuite”.