Jefferson Poirot : “Pour tout vous dire, ma femme a mis une bonne année à l’accepter”

Interrogé par L’Équipe, notre pilier gauche Jefferson Poirot est revenu sur la réaction de son épouse lorsqu’il lui a annoncé son intention de mettre un terme à sa carrière internationale. Une décision difficile à accepter pour ses proches, qui imaginaient déjà vivre la Coupe du monde 2023 en France à ses côtés, alors que le joueur ressentait, lui, un profond besoin de prendre du recul :
“Pour tout vous dire, ma femme a mis une bonne année à l’accepter. Quand je pars à la Coupe du monde 2019, le grand a 20 mois, la petite 4, donc elle ne peut pas venir au Japon. Elle se dit : ‘Dans quatre ans, c’est la Coupe du monde en France, je vais pouvoir en profiter’. Moi, je rentre du Japon, je lance ma réflexion sans trop lui en dire plus. Quand je lui en parle en 2020, on est en plein Covid, elle le prend de face. Elle me dit : ‘Ça fait cinq ans que c’était dur en équipe de France, ça commence à aller mieux et toi tu te barres ? Tu te fous de ma gueule ?’ (rires). C’est vrai qu’en 2020, on fait un super début de Tournoi, il y a une belle dynamique qui s’enclenche mais je n’étais pas aligné, j’avais besoin de prendre du recul”.

Le pilier bordelais est également revenu sur l’état dans lequel il se trouvait à cette période de sa carrière. Sans aller jusqu’à parler de burn-out, Jefferson Poirot évoque une forme d’usure mentale qui l’a poussé à s’éloigner du XV de France, tout en gardant un regard très positif sur les années passées sous le maillot bleu :
“Je ne sais pas si on peut parler de burn-out… Il y avait cette usure. Je pense que j’ai fait le bon choix. Après, c’est drôle, on a connu des années compliquées mais je n’en ai que des bons souvenirs. On a vécu des trucs dingues quand même et l’équipe de France reste le Graal”.