Laurent Marti : “Je serais tellement malheureux que ça finisse pareil, que je ferais tout pour que ça n’arrive pas”

Invité de l’émission 100 % UBB, sur les ondes d’ICI Gironde, le président de l’Union Bordeaux-Bègles, Laurent Marti, est revenu sur les raisons qui pourraient, à terme, l’amener à passer la main et sur la nécessité d’anticiper cette éventualité. À la tête du club depuis 2006, le président bordelais a notamment expliqué qu’il avait déjà réfléchi à l’ouverture du capital par le passé, avant de voir la situation financière de l’UBB s’améliorer progressivement. S’il estime aujourd’hui disposer de davantage de temps pour préparer la suite, il considère néanmoins qu’il sera essentiel d’anticiper une éventuelle succession afin de préserver la stabilité et la pérennité du club. Il a notamment évoqué les différentes formes d’usure qui pourraient, un jour, le pousser à envisager son départ, ainsi que sa volonté de ne jamais laisser l’UBB connaître les difficultés traversées par les Girondins de Bordeaux :
“La suite, c’est un vrai sujet. Il y a deux choses différentes. Il y a quatre ou cinq ans, j’ai essayé d’ouvrir le capital et il n’y a pas eu beaucoup de prétendants. Je n’avais aucune usure, si ce n’est financière. C’est ça qui commençait à m’inquiéter, les pertes de l’UBB commençaient à s’accumuler et grossissaient. C’est là que je me suis dit que si j’étais un jour obligé d’arrêter à cause des pertes financières, ça peut arriver très vite, rien n’est prévu, c’est le club qui sera vraiment en danger. Il se trouve qu’entre cette phase-là, le Covid, il y a un an ou deux et derrière où on a tout de suite fonctionné, progressivement, les problèmes financiers ont disparu. Aujourd’hui, nous n’avons plus de problèmes financiers, même si je sais que ça reste fragile. Ça a enlevé beaucoup de pression. On serait en pertes perpétuelles, je crois que je ne serais plus le président de l’UBB en ayant 95 % des parts. Il se serait forcément passé quelque chose. Le club va beaucoup mieux, il est beaucoup plus solide, je pense que ça nous laisse un peu plus de temps. Ça veut dire qu’il y a deux sortes d’usure, celle du temps, on est moins motivé, ou l’usure de l’incompétence, c’est-à-dire que tout d’un coup on se sent moins pertinent dans les décisions que l’on prend pour le club. Celles-là, je pense que j’aurais l’humilité et la sagesse de les voir venir et là, il faudra préparer parce que quand je vois ce qui arrive aux Girondins de Bordeaux et je pense que mon ami Jean-Louis Triaud a les tripes qui se retournent et que c’est pour ça qu’il se bat. Ça fait tellement de dégâts dans la ville pour un club si grand, que même si l’UBB n’est pas aussi grande aujourd’hui, je serais tellement malheureux que ça finisse pareil, que je ferais tout pour que ça n’arrive pas”.