Nans Ducuing : « On rentre sur le terrain et sur le premier ballon, je monte une quille… Direct en touche… Sur mon premier ballon en pro à Aimé Giral »

 

Invité du podcast, La Cravate, notre arrière, Nans Ducuing, est revenu sur ses débuts en professionnel sous le maillot de l’USAP : « Ma deuxième année à l’USAP, je suis resté au centre de formation parce qu’il y a eu un arrangement, je pouvais même à 22 ou 23 ans continuer au centre de formation. Du coup j’étais parti sur ça, quand j’ai commencé à jouer en première, j’étais toujours sur un  contrat centre de formation à 500€ par mois […] Je bénéficie de la blessure de Geoffrey Michel, qui à l’époque jouait à l’arrière aussi. Je m’entraînais avec eux, mais je n’avais pas eu l’opportunité et je m’en souviens sur ce match contre Béziers, il se pète et on me dit que je vais attaquer. J’étais comme une balle parce que je me dis qu’enfin je vais toucher du doigt mon rêve, mais en même temps je suis pétrifié parce que c’était contre Béziers, le derby, dans un Aimé Giral plein. Cette cathédrale avec ce public qui vit pour son équipe c’était génial. J’étais excité mais aussi un peu tendu. Toute ma famille vient, ma femme, tout le monde. Je n’ai pas dormi de la nuit, je ne faisais qu’y penser, c’était terrible. C’était Alain Hyardet qui m’a lancé. Il y a de mecs à Perpignan qui m’ont marqué, en Espoir, il y avait Eric Montgaillard, qui m’a fait progresser en tant que joueur et homme. Il y avait aussi Patrick Arlettaz, qui à l’époque officiait chez les jeunes et que j’avais eu au centre de formation. Je garde encore de très bons contacts avec Alain Hyardet qui m’a lancé. Je me souviens de l’échauffement, avec François Gelez comme entraîneur des trois-quarts, j’étais tendu comme un string, je jouais au basket, je faisais tomber tous les ballons. Il me tapait des quilles, je prenais tout sur la courge, je n’attrapais pas une ronfle. Quand tu es jeune et que tu n’as aucune expérience, tu ne maîtrise rien. Les mecs, Mathieu Bélie, venaient me voir pour me dire que ça allait le faire, et moi je faisais le mec serein alors que je n’étais pas bien du tout. Gelez me dit avant le match qu’il me trouve un peu tendu et me dit de me rassurer sur le premier ballon en le prenant et en montant tranquillement une quille. On rentre sur le terrain et sur le premier ballon, je monte une quille… Direct en touche… Sur mon premier ballon en pro à Aimé Giral. Je me replace et me dit qu’il va falloir que je m’y mette ou que ça va être une parodie. Sur le deuxième, je prends un peu la ligne, je tape à suivre, l’idée est bonne, mais ce n’est pas super bien tapé, je monte en pression parce que le 10, Thibaut Suchier à l’époque le prend et essaie de dégager, je ne sais pas pourquoi, j’y vais comme un âne, je le contre, j’ai le rebond et je marque entre les poteaux. Cette action, ça a lancé ma carrière rugby parce que j’ai eu de la chance de le contrer, que ça marque et tout ça, mais ça m’a libéré. Je jouais sans pression, tout était plus fluide, je réfléchissais moins, je finis homme du match, on gagne à 14 contre Béziers. C’était une première géniale, devant la famille, j’oublierais jamais. C’est ce qui m’a lancé. Si je ne contre pas, je peux faire un match catastrophique et on ne me revois plus. Quand je dis qu’il y a des opportunités de vie, des chemins que l’on peut prendre à un moment T, c’est ça. Je crois au destin et là il m’a souri« .