Olivier Brouzet : « Je m’enflamme à nouveau pour l’équipe de France et l’UBB dans laquelle j’ai été partie prenante, car elles excellent dans un rugby de contournement, de course »

     

    Interrogé dans les colonnes de Midi Olympique, Olivier Brouzet, l’ancien directeur du développement de l’Union Bordeaux-Bègles, s’est confié sur ce qu’a changé pour lui l’arrivée du professionnalisme en 1995 :

    « Rien de spécial. Depuis l’âge de 15-16 ans, je m’entraînais tous les jours ou presque. Côté jeu, il n’y a pas eu de révolution. De l’argent, il y en a toujours eu, j’ai le souvenir de petites enveloppes qu’on nous distribuait au fond du bus. C’était de l’argent de poche. C’est une chance d’être payé pour faire quelque chose qu’on aime mais je ne voulais pas faire du rugby un métier, ce n’était pas un rêve d’enfant, d’ailleurs, je suis resté étudiant jusqu’en 1996. Je dois vous faire un aveu, mes proches sont au courant, je n’ai jamais été passionné par le rugby. A aucun moment je n’ai collectionné les images Panini, ni accroché de poster de joueurs de rugby dans ma chambre. Dans ma vie, le rugby n’a jamais été central. Longtemps, je n’ai pas regardé le Top 14, aujourd’hui, c’est un peu différent. Je m’enflamme à nouveau pour l’équipe de France et l’UBB dans laquelle j’ai été partie prenante, car elles excellent dans un rugby de contournement, de course ».

    Il est aussi revenu sur le fait de n’avoir jamais remporté de finale durant toute sa carrière de joueur :

    « J’ai perdu toutes les finales possibles. Je peux les nommer : deux en championnat, avec Grenoble et le Stade français (en 1993 et 2005), une en Coupe du monde (1999), une en Coupe d’Europe avec le Stade français (2005), une en Reichel contre Perpignan. Là, c’est spécial, il y a match nul et on partage le titre ce qui équivalait pour nous à une défaite. Avec Seyssins, mon premier club, j’ai même perdu en finale du tournoi de Grenoble en cadets, contre le FC Grenoble sur la pelouse du stade municipal. En demi-finale, nous avions éliminé Voiron, un véritable exploit. Il y a deux exceptions qui confirment la règle : je suis deux fois champion du monde universitaire. Dans le bureau que j’occupais à Bègles, quand je travaillais pour l’UBB, j’avais accroché tous les maillots de mes finales perdues, et écrit en gros, ‘L’important c’est de participer’, suivi de trois points de suspension. Je n’ai pas de manque en particulier. J’en parle pour l’anecdote. J’ai aimé l’épopée grenobloise. En 2023, nous avons fêté les trente ans de la défaite. C’était comme si on s’était quitté la veille ».