Jean-Baptiste Elissalde : “Au nom de la politique de l’homme en forme, Matthieu mériterait de jouer”

     

    Dans les colonnes de L’Équipe, Jean-Baptiste Elissalde, ancien entraîneur des lignes arrières du XV de France et observateur avisé du rugby français, a livré son analyse sur le débat qui anime actuellement le staff des Bleus : la possible titularisation de Matthieu Jalibert lors du prochain Tournoi des Six Nations. Séduit par la forme étincelante du demi d’ouverture de l’Union Bordeaux-Bègles, l’ancien international n’a pas caché son admiration pour le style de jeu du Bordelais, tout en nuançant son propos au regard des équilibres collectifs de l’équipe de France :

    « Quand t’as un mec comme ça, tu t’assois dans le canapé et tu prends du plaisir à le regarder. Matthieu, j’adore. C’est un super attaquant. Cette liberté qu’il prend dans le jeu, ça fait du bien, ce n’est pas stéréotypé. Qui pourrait ne pas aimer ça ? […] Au nom de la politique de l’homme en forme, Matthieu mériterait de jouer. Mais d’autres paramètres entrent en compte, comme la relation que les deux joueurs entretiennent avec Antoine Dupont, qui sera sur le terrain, sauf blessure. Lequel s’adapte le mieux au jeu d’Antoine ? Sur ses performances du moment, bien sûr que Matthieu est incroyable, mais Romain ne fait pas de mauvais matches. C’est moins exubérant, moins étincelant, mais c’est solide quand même, notamment en défense […] Si c’est Romain sur le banc, ça peut passer, parce qu’il peut aussi couvrir le poste de centre. Mais Matthieu n’a pas cette polyvalence. Lui, dans une configuration de banc à six avants et deux trois-quarts, soit il est sur le terrain, soit il n’est pas dans les 23 ».

    L’ancien demi de mêlée est également revenu sur l’option, plus hypothétique, d’une association entre Matthieu Jalibert et Romain Ntamack sur le terrain. Une configuration déjà testée par le passé, mais qui ne l’a pas totalement convaincu, notamment au regard de la richesse actuelle du vivier de centres français :

    « La dernière fois, c’était contre la Géorgie à Bordeaux (41-15, 14 novembre 2021), et ça n’avait pas été terrible. Là, vu le nombre de très bons centres, avec Barassi, Moefana, Depoortere, Gailleton, Brau-Boirie, Gourgues et Fickou, je ne vois pas trop comment ça pourrait se faire. À moins d’avoir une stratégie particulière et de vouloir mettre un cinq-huitième sur le terrain, c’est-à-dire un second 10 pour animer le jeu ».