Florent Wieczorek : “Ce côté émotionnel, qui est très latin, manque. D’ailleurs, il n’y a jamais de discours émotionnel dans les vestiaires”

     

    Interrogé par Rugbyrama, l’actuel entraîneur des avants du XV de France féminin, Florent Wieczorek, qui avait occupé un rôle de consultant auprès de Bath Rugby la saison passée, est revenu en profondeur sur l’état d’esprit qui anime les joueurs du club anglais. Il souligne notamment une approche très professionnelle et structurée, parfois au détriment de l’aspect émotionnel que l’on retrouve davantage dans les équipes françaises :

    “Je l’avais noté quand on avait joué à La Rochelle l’année dernière : comme ce sont des grands professionnels du rugby, la dimension émotionnelle est complètement éludée. Ces équipes anglaises, comme elles sont très organisées, ne sont parfois pas capables de se transcender. Une équipe française ne va pas jouer une demie de la même manière qu’un match de championnat. Au contraire, Bath jouera les deux rencontres de la même manière. Je trouve que ce côté émotionnel, qui est très latin, manque. D’ailleurs, il n’y a jamais de discours émotionnel dans les vestiaires”.

    Dans un second temps, il s’est également attardé sur le cadre particulier dans lequel évolue le club, en évoquant la ville de Bath, dont l’identité et l’atmosphère influencent, selon lui, l’image et le fonctionnement de l’équipe :

    “C’est la classe à l’anglaise. Quand il y a eu le doublé l’année dernière (championnat et Challenge Cup, N.D.L.R.), il y avait beaucoup d’effervescence dans la ville, mais c’est resté hyper classe. En Angleterre, on parle beaucoup de ‘old money, new money’. Bath, c’est ‘old money’ et Bristol, c’est ‘new money’. C’est la vraie ville anglaise, avec les thermes, où tout est poli et calme. C’est le contraire de Bristol, qui est très étudiante et où ça fait beaucoup la fête, avec la mer à côté. Bristol, ça pourrait être un peu Bordeaux dans l’idée. Alors qu’à Bath, tout est calme, à l’image du club et du management. Là-bas, tout est hyper apaisant. Il y a un public plutôt âgé, dans un vieux stade à l’anglaise… Et au milieu de ça, il y a Finn Russell qui met un peu de piment !”.