Eddie Jones : “Jalibert, lui, incarne même une quadruple menace car ses petits jeux au pied pour lui-même doivent être constamment surveillés”

Interrogé dans les colonnes de Midi Olympique, le sélectionneur japonais, Eddie Jones, a livré son analyse du profil de notre demi d’ouverture international, Matthieu Jalibert, et notamment de la diversité de son registre offensif. Impressionné par la capacité du Bordelais à représenter une menace dans de nombreuses situations, le technicien australien estime que son jeu particulièrement imprévisible en fait l’un des ouvreurs les plus difficiles à contenir au niveau international :
“On dit des très bons attaquants qu’ils sont une triple menace, lorsqu’ils sont capables de s’infiltrer ballon en main dans une défense, aller chercher des solutions autour d’eux par la passe ou en trouver dans le champ profond avec le jeu au pied. Jalibert, lui, incarne même une quadruple menace car ses petits jeux au pied pour lui-même doivent être constamment surveillés. C’est pour cela qu’il est un des joueurs les plus imprévisibles, donc un des plus difficiles à défendre du monde”.
Il est rejoint dans cette analyse par l’ancien entraîneur des trois-quarts du XV de France, Laurent Labit, qui a également suivi l’évolution de Matthieu Jalibert au fil des dernières saisons. S’il estime que le demi d’ouverture bordelais a parfois eu tendance, plus jeune, à vouloir trop peser individuellement sur le jeu, il souligne surtout les progrès réalisés dans sa capacité à mieux gérer ses interventions et à choisir le bon moment pour faire la différence :
“Quand Matthieu était plus jeune, il y avait souvent des situations où il cherchait à forcer le jeu avec une initiative individuelle et ça se retournait contre lui. Ce qui a changé depuis deux ans, c’est qu’il a mis de l’ordre dans son rugby. Jouer des matchs de phase finale en Top 14 et en Coupe d’Europe lui a aussi permis de comprendre qu’il était surveillé par des défenses très bien organisées. Et que pour les surprendre, il faut arrêter de prendre une initiative à chaque ballon et savoir se faire un peu oublier. Jusqu’à ce que le bon espace s’ouvre enfin…”.