[Interview] Pierre Gayraud : “J’ai des choses à prouver”

A 25 ans, Pierre Gayraud rejoint notre club pour une saison (plus une en option), après cinq années à Bayonne où il a à peu près tout connu. La montée en Top 14, la descente en Pro D2, deux graves blessures… Et tout ceci après des sélections en équipe de France de jeunes. Résultat, ce ‘beau bébé’ de 114 kilos pour 1m98, va probablement amener un plus, que ce soit en deuxième ou en troisième ligne, grâce à sa polyvalence. Désireux de prouver qu’il a sa place dans l’effectif et surtout à ce niveau en Top 14, Pierre arrive avec autant de sympathie que d’envie. Deux qualités essentielles pour réussir à l’Union Bordeaux-Bègles. Et cela tombe bien puisqu’il connait déjà plusieurs joueurs de l’effectif actuel. Très disponible, nous avons apprécié converser avec lui et nous sommes certains que vous allez apprendre à mieux le connaitre grâce à ses réponses. Interview.

 

Victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit en novembre dernier, ta saison s’est arrêtée de manière prématurée. Tout d’abord où en es-tu de ta convalescence ?

Ma convalescence se passe très bien, je bosse dur pour pouvoir être au top dès le début de la saison prochaine. Au 19 juin, je serai en phase terminale de ma rééducation, très proche de la fin. Je serai prêt au 1er juillet, moment de la reprise des recrues.

 

En 2014, tu avais déjà été victime de la même blessure au genou gauche. Comment vis-tu le fait, à seulement 25 ans, d’avoir déjà eu deux aussi graves blessures ? Cela a sans doute ralenti un peu ta carrière. Le vois-tu comme un frein ou une force supplémentaire ?

Ce qui est fait n’est plus à faire, mes deux genoux y sont passés, maintenant je suis « comme neuf » pour reprendre les choses où je les ai laissées. Je dirais que c’est en premier lieu un frein, mais que maintenant c’est devenu une force supplémentaire. Ces deux blessures m’ont permis de mieux connaître mon corps, ça apprend à se dépasser durant les mois de rééducation, ça forge un caractère et un mental.

 

 

Bayonne a vécu une saison difficile cette année en faisant l’ascenseur entre la Pro D2 et le Top 14. Avec seulement 8 matches, comment as-tu vécu cette saison ? N’était-ce pas encore plus dur en étant blessé et hors du groupe ?

C’était une saison très difficile, je me suis rapidement blessé, et les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Je ne pense pas que ce soit plus dur, c’est aussi dur l’un que l’autre. Les mecs sur le terrain n’ont jamais triché, ils ont toujours tout donné. Alors quand on travaille dur, avoir ce genre de résultat les week-ends était très dur pour les joueurs. Et en étant blessé, c’est le fait de ne pas pouvoir aider les copains qui est le plus dur.

 

Formé à l’USAP, tu es parti jeune à l’Aviron Bayonnais. Comment prend-on la décision à 20 ans de quitter son club formateur ?

Je marche beaucoup à la confiance, je faisais confiance à l’USAP, et malheureusement rien ne s’est passé comme ça aurait dû être le cas. Je me suis senti trahi, Bayonne a pointé le bout du nez, j’ai saisi l’opportunité. Après ça, cette décision était une évidence. Aujourd’hui je n’en veux à personne, les choses se sont passées de la sorte, c’était le destin.

 

Avec l’Aviron Bayonnais, tu as tout d’abord connu un peu de temps de jeu en Top 14, avant de connaître une relégation en Pro D2. Peux-tu revenir sur cette période qui n’a pas dû être facile pour le groupe ?

La descente d’il y a deux ans fut très difficile à avaler, le boulot avait été fait tout le long de la saison. Les 53 points récoltés à la fin de la saison n’étaient pas suffisants. 53 points qui la saison dernière ou cette saison étaient amplement suffisants. Ensuite il y a eu la reprise en Pro D2 où nous avons démarré la saison à 13 dans le vestiaire, personne ne savait où l’on mettait les pieds… Et puis on a créé un groupe, une ambiance, et les résultats ont répondu présent, et vous connaissez la suite. Enfin, la saison dernière, nous avons pris une claque en une saison. En Pro D2, le niveau avait encore monté d’un cran, le fossé entre la Pro D2 et le Top 14 s’était encore agrandi et on prit l’eau très vite, même si je reste persuadé que l’on aurait pu faire mieux.

 

 

A l’Aviron Bayonnais, tu as connu un entraîneur qui a laissé un bon souvenir aux supporters de l’UBB. Comment était-ce de travailler avec Vincent Etcheto comme manager ?

Très bien, c’est quelqu’un de passionné qui vit pour le rugby et qui a envie de faire partager cette envie tous les jours aux entraînements. C’était deux années au top, c’est un entraîneur que je n’oublierai pas de sitôt.

 

Revenons à toi. Tu es présenté comme un 2ème ligne, mais tu as joué quelques matches en 3ème ligne aile, notamment cette saison contre Brive. Es-tu réellement polyvalent ou bien était-ce juste pour dépanner ?

Je peux jouer les deux postes, ce n’est pas seulement pour dépanner. Je prends autant de plaisir à jouer deuxième ligne que troisième ligne. Tant que je suis sur le terrain, tout me va.

 

Tu as connu, avec l’équipe de France U20, l’expérience de deux Coupes du Monde. Rejoindre le niveau du dessus et les rangs de l’équipe de France, est-ce pour toi un objectif, même lointain ?

Ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Je pense que dans un premier temps, à court terme, il est important que je revienne au top de mon genou, et à moyen terme j’ai beaucoup de choses à prouver. Je dois réussir à me faire une place au sein de l’équipe, j’ai d’abord ces objectifs en tête. Pour l’équipe de France, on verra une fois l’étape une et deux validées.

 

 

En jouant au Stade Jean Dauger, tu as déjà expérimenté un stade réputé pour la ferveur de son public. Le Stade Chaban Delmas, avec près de 24000 supporters de moyenne, représente la plus grande affluence de Top 14. Appréhendes-tu de te retrouver face à un public aussi nombreux ?

Je n’ai aucune appréhension par rapport à ça. Je pense que j’ai la chance de pouvoir dire que j’ai connu l’un des meilleurs publics de France, et je sais aujourd’hui l’importance qu’a le public. Alors, au contraire, il me tarde de pouvoir sentir le soutien que peut apporter le public de Chaban Delmas.

 

Pour en revenir à ton arrivée au club, peux-tu nous préciser comment se sont passés les premiers contacts avec l’UBB, de quand datent-ils ? Quels ont été les arguments qui t’ont convaincu de venir ?

Les premiers contacts se sont faits vers la fin de saison, une fois que le sort de Bayonne était définitivement scellé. J’ai vécu cinq très belles années à Bayonne, j’ai eu la malchance de vivre deux descentes, mais aussi la chance de vivre une remontée. Aujourd’hui, l’UBB a beaucoup d’ambition, le club veut jouer le haut de tableau et s’y pérenniser : c’est l’une des choses qui m’a plu et il y a aussi, avec ça, le jeu pratiqué qui a pesé dans la balance.

 

De nombreux joueurs passés par l’UBB jouent à Bayonne, leur as-tu demandé conseil pour prendre ta décision de venir à Bordeaux ?

Oui, j’ai échangé avec eux, et aussi avec mes autres coéquipiers qui m’ont aidé dans le choix de cette décision.

 

Tu n’as signé que pour une saison, plus une en option. La volonté d’un engagement aussi court vient-il de toi ou de l’UBB ?

J’ai des choses à prouver au vu de mes blessures précédentes, et de ma précédente saison. C’est un choix qui a été pris par l’UBB, mais que j’ai validé. Le défi à relever me plait bien.

 

Connaissais-tu déjà des joueurs de l’UBB avant d’arriver ? Comment penses-tu que ton intégration va se passer ?

Oui, quelques-uns, certains plus que d’autres notamment Séb Tao avec qui j’ai partagé beaucoup de saisons sous le maillot de Perpignan en jeunes. Ainsi que Nans (Ducuing) à Bayonne, Darly (Domvo) et Jeff (Poirot) avec qui j’ai eu la chance d’évoluer en équipe de France de jeunes. Il y a aussi Marco (Tauleigne) et Baptiste (Serin) que je connais un peu moins que les autres, mais un peu quand même. Je verrais bien, je sais qu’il y a une bonne ambiance dans le groupe, à moi de trouver ma place petit à petit.

 

Sur ton compte Twitter, on t’a vu relayer de nombreux messages d’au-revoir des Bayonnais ou de bienvenue des Bordelais. Est-ce quelque chose d’important pour toi ce contact avec les supporters de ton club ?

Oui c’est important, ce sont des gens qui nous soutiennent dans les bons comme dans les mauvais moments. Ils sont là parfois pour nous aider à faire la différence dans les moments difficiles sur le terrain. Il est important de leur rendre tout ce qu’ils nous donnent.

 

 

Pour finir nous avons proposé à notre nouveau joueur un portrait chinois afin de mieux le connaitre. 

 

Si tu étais…

un animal ? Un Ours.

un objet ? Un tableau.

une série télé ? How I Met Your Mother.

un plat ? Une côte de bœuf.

un pays ? Les Etats-Unis.

une couleur ? Le bleu.

un livre ? L’homme qui voulait être heureux.

un chanteur ? C’est un groupe, Walk Off The Earth.

un héros ? Thor.

un vêtement ? Un short.

un bonbon ? Les Schtroumpfs.

un jeu vidéo ? NBA 2K.

un dessin animé ? Le Roi Lion.

un sport ? Le rugby.

un fruit ? L’ananas.

un légume ? Les haricots verts.

un film ? Toy Boy.

une star ? Hugh Jackman.

une arme ? Une machette….

une devise ? Jugez vos succès d’après ce que vous avez dû sacrifier pour les obtenir.

un élément ? L’eau.

un bruit ? L’orage.

un autre joueur de rugby ? Guillaume Rouet (Pour être le joueur le plus petit du championnat).

une mauvaise règle du rugby ? La règle du hors-jeu, qui n’est plus beaucoup respectée.

un autre joueur de l’UBB ? Sébastien Tao.

 

Un très grand merci à Pierre pour sa sympathie et le temps qu’il nous a accordé. Nous lui souhaitons une bonne fin de vacances, et surtout une bonne prochaine reprise sous ses nouvelles couleurs.