Maxime Lucu : “Je me sens plus légitime aujourd’hui”

Interrogé par L’Équipe, notre demi de mêlée international Maxime Lucu est revenu avec recul sur son évolution personnelle dans la gestion des défaites, expliquant comment son expérience lui a permis de mieux appréhender les moments difficiles et de les transformer en moteurs pour rebondir collectivement :
“Quand j’étais plus jeune, j’avais du mal à évacuer les défaites. Puis, plus j’ai grandi, plus j’ai compris qu’un parcours est fait de hauts et de bas. Je prends du plaisir à trouver des solutions pour essayer de basculer dans le positif et de revivre des épopées, comme on l’a fait après la finale de 2024 (déroute 59-3 contre Toulouse en Top 14). Tout le monde aurait pu s’écrouler, mais on est revenus avec l’envie de ne pas être ridicules, de ne pas écouter ce qui se disait, de montrer qu’on était capable de retourner en finale. Et on a réussi à remporter un titre derrière. C’est l’histoire de ce groupe à Bordeaux et de mon cas personnel”.

Il s’est également confié plus en profondeur sur son parcours en tant que leader, évoquant ses débuts compliqués dans ce rôle, son évolution progressive et la manière dont il s’est aujourd’hui entouré pour assumer pleinement ses responsabilités au sein du groupe :
“À Biarritz, on m’a mis capitaine à 22 ou 23 ans, surtout parce que j’avais le statut de Basque. Je n’avais pas du tout aimé ce rôle-là. Ça me prenait la tête. Je n’étais professionnel que depuis deux ans. Je n’étais pas sûr de mon jeu et de mes capacités. Je ne faisais pas des grands matches et je ne me sentais pas du tout légitime pour être capitaine. Pareil quand je suis arrivé en équipe de France. Je n’étais pas à l’aise, pas forcément moi-même, et je ne sortais pas mon épingle du jeu. À un moment, je me suis dit ‘attends, tu es capable de le faire. Il faut juste que tu prennes confiance en toi’. C’est ça que j’ai développé à Biarritz. Après cet échec du capitanat et celui de l’équipe de France au début, je me suis libéré. J’ai pris conscience que je pouvais me mesurer à ce qui se faisait de mieux, mais aussi aider les mecs à travers ce rôle de capitaine. J’ai notamment appris au côté d’Alban Placines à Biarritz mais aussi Jeff (Poirot) et Clément Maynadier ici. Je me sens plus légitime aujourd’hui. Et depuis deux ans, on a développé un groupe de leaders, des mecs incroyables, avec qui je discute beaucoup, notamment Max (Lamothe), Jeff (Poirot), Matthieu (Jalibert), Bastien (Vergnes-Taillefer). C’est bien de se sentir épaulé”.
