[Interview] Paulin Riva : “Ce sport demande des efforts physiques très intenses et répétitifs”

Chaque année, l’on pensait réellement que Paulin Riva aurait plus que sa chance à l’UBB. Réalisant de superbes saisons avec de bonnes statistiques lorsqu’il évoluait avec les Espoirs bordelais, il connut notamment quatre titularisations en Top 14 et deux apparitions en Coupe d’Europe avec d’ailleurs un essai à la clé. Mais c’est surtout lors de son année de prêt à Soyaux-Angoulême qu’il cumula le temps de jeu (15 matches, 10 titularisations, 2 essais), prenant ainsi l’expérience du haut niveau qui fait progresser un joueur. De retour à l’Union Bordeaux-Bègles en début de saison, Paulin fit toute la préparation avec les professionnels, mais choisit il y a quelques jours de (re)goûter à une toute autre expérience, celle du rugby à 7. Reviendra t-il à l’UBB à l’issue de cette expérience ? Rien n’est moins sûr. Paulin préfère en tout cas se concentrer sur cette année qui sera assurément riche. Une chose est certaine, le jeune de 22 ans a gardé la tête sur les épaules, son éducation, sa simplicité et sa sympathie qui le caractérisent. Interview.

 

Que t’a apporté cette année de prêt au Soyaux-Angoulême XV, où tu as joué 15 matchs ? Dans quels domaines as-tu progressé et que retiens-tu de cette expérience ?

Je garde de cette saison à Angoulême un sentiment d’inachevé. En effet, j’ai pu jouer la majorité des matchs sur la première partie de saison où nous avons performé collectivement pour terminer  5ème du classement à la mi saison. La deuxième  partie de saison a été plus compliquée pour moi car j’ai été moins utilisé par les coaches. Mais je retiens tout de même que j’ai pu participer à une quinzaine de matchs de haut niveau qui m’ont permis de progresser à tous les niveaux, en défense, en attaque, mais surtout de prendre conscience des enjeux de la montée et de la relégation.

 

© LACAUD ANNE

 

Tu as fait toute la préparation avec l’UBB. Quel a été le discours des nouveaux coaches concernant cette saison et ton temps de jeu. Est-ce que l’on comptait sur toi ?

En effet,  la concurrence est très présente à mon poste. Tout de même cela peut aller très vite, c’est dire qu’avec ma polyvalence (centre-ailier, ndlr), il suffit d’une blessure pour pouvoir enchaîner quelques matchs et pouvoir se mettre en valeur, voilà ce qui est ressorti de mon entretien avec Jacques (Brunel, le manager, ndlr)

 

Finalement, tu te diriges vers l’équipe de France à 7. Comment cela se passe vis-à-vis de l’UBB ? Es-tu toujours lié contractuellement ou dépends tu de la Fédération ? Est-il question d’une prolongation avec l’UBB ?

J’ai donc choisi de tenter l’expérience du rugby à 7. Cela signifie que je romps mon contrat avec Bordeaux pour cette saison et que je démarrerai un contrat fédéral de rugbyman professionnel à 7 partir du mois de septembre. L’aventure durera un an et puis nous ferons les comptes à la fin. Pour l’instant, il n’est pas question d’une prolongation à l’UBB.

 

Tu avais déjà été appelé avec l’équipe de France à 7 en 2014 lorsque tu jouais encore à Auch en Pro D2, pour le tournoi de Moscou et vous aviez terminé 8ème. Quels souvenirs gardes-tu de ce premier contact ?

Je garde en souvenir un tournoi assez dur, rude, avec des conditions climatiques difficiles : de la pluie, du vent, le froid… Mais une très belle expérience qui m’a permis de découvrir un peu le haut niveau à 7. Je trouve même que nous avions fait un bon tournoi puisque nous étions beaucoup de jeunes et nous avions rencontré de belles équipes comme l’Angleterre avec Dan Norton. J’en garde un bon souvenir et une réelle expérience.

 

Début juillet, tu as de nouveau été appelé par le nouveau staff pour le tournoi de Clermont. Après une qualification en quart, vous avez perdu contre l’Irlande pour finalement terminer 6ème. Tu t’étais pas mal mis en évidence en inscrivant notamment un essai contre les Anglais, mais avais terminé blessé. Quel souvenir gardes-tu de cette nouvelle expérience ?

Après avoir arrêté le rugby à 7 pendant deux ans, ce tournoi m’a permis de me remettre au niveau. Tout de même un petit goût amer d’avoir perdu ce quart de finale 7 à 5 contre l’Irlande. Je pense qu’à 7, le résultat ne tient à rien et sur ce match nous n’avons pas réussi à conclure nos actions d’essais. J’en garde tout de même un bon souvenir puisque c’est tout d’abord un tournoi qui se déroule en France, puis il m’a permis de beaucoup jouer en seulement deux jours et ainsi de prendre quelques repères.

 

 

Les premiers contacts pour ton engagement avec l’équipe de France à 7 ont-ils été noués lors de ce tournoi ?

Lors de ma période de congés au mois de mai, j’ai été contacté par Christophe Reigt (le manager de l’équipe de France à 7, ndlr) qui m’a parlé de participer à un stage à Marcoussis, sans me parler de tournoi européen et contrat fédéral donc je ne savais pas trop vers quoi je me lançais. Puis en arrivant à ce stage, nous étions 24 joueurs pour postuler à un deuxième stage à Bugeat plus restreint, de 16 joueurs. J’ai donc été retenu pour le deuxième stage, pour finalement être sélectionné dans les douze joueurs participant au tournoi de Clermont. C’est à l’issu de ce tournoi que Christophe m’a proposé ce contrat que j’ai accepté sans hésiter. Donc on peut dire que tout est allé très vite !

 

Avec l’arrêt de nombreux joueurs clés comme Terry Bouhraoua, Julien Candelon, Virimi Vakatawa, l’équipe de France à 7 est un peu à reconstruire. Quel projet t’a été présenté, et quels sont les objectifs ?

En effet, il y a un renouvellement d’effectif, mais nous sommes tous très enthousiastes et nous voulons tous prouver ! Le projet qui a été évoqué avec Christophe est très simple, nous voulons tout d’abord étoffer l’effectif pour la saison afin de ne pas être gênés par des blessures et puis surtout avec ce nouveau groupe progresser rapidement et performer sur le circuit IRB, afin de faire une Coupe du Monde digne d’un pays comme la France.

 

Photo Instagram Paulin Riva

 

La perspective de disputer une Coupe du Monde à San Francisco à la fin de la saison, puisque l’équipe de France est qualifiée, est donc un facteur de plus dans la balance…

Oui bien sûr, l’envie de participer à une Coupe du Monde reste toujours dans un petit coin de la tête de sportifs de haut niveau, je pense.

 

Quelles sont les qualités qui font de toi un bon joueur à 7 ? Car le rugby à 7 est forcément différent du 15 ? D’ailleurs toi qui joue ¾ centre à 15 à quel poste joues-tu ? Car il nous semble t’avoir vu pousser en mêlée lors du tournoi de Clermont.

En effet, le rugby à 7 est différent du 15, ce sport demande des efforts physiques très intenses et répétitifs. Même si un match ne dure que 14 minutes, je peux vous certifier que ces efforts sont destructeurs ! Je pense que je pourrai apporter à l’équipe mes qualités de passes après contact ainsi qu’un peu de puissance. Les postes à 7 sont aussi différents puisqu’à 7 je peux évoluer talonneur (n°2) ainsi que centre (n°6), donc il m’arrive de pousser en mêlée et soulever en touche.

 

Nous tenons à remercier Paulin de nous avoir accordé un peu de temps pour répondre à nos questions et nous lui souhaitons bien sûr bonne chance pour sa nouvelle aventure avec l’équipe de France à 7. Nous espérons que celle-ci sera couronnée de nombreuses victoires.