Olivier Brouzet : « Un Tournoi à 6 Nations sur sept semaines ne permet pas à un joueur de célébrer l’évènement »

     

    Interrogé dans les colonnes de Midi Olympique, Olivier Brouzet, l’ancien directeur du développement de l’Union Bordeaux-Bègles, est revenu sur sa réaction plein de fair-play après sa première finale perdue avec Grenoble, alors que visiblement les Grenoblois pouvaient s’estimer volés :

    « Je me dis sans doute que des finales, j’en rejouerai. Je n’ai pas revu les images, je ne préfère pas. L’arbitre me refuse un essai en première mi-temps et en accorde un à Castres, celui de Whetton, qui n’y est pas. On met au supplice le pack tarnais dans les dix dernières minutes mais l’arbitre ne bronche pas, il ne siffle aucune pénalité. C’est du vol qualifié. Cette défaite a cassé la dynamique qui régnait dans cette équipe. Elle perdra l’année suivante en demi-finale. Le jeu prôné par Jacques Fouroux nous sortait du rugby de contournement pour du concassage en règle. C’est le jeu d’aujourd’hui, fait d’affrontements en continu, sauf pour des équipes comme Bordeaux-Bègles ou Toulouse. Jacques cherchait à briser les défenses, il avait reconverti au centre le robuste troisième ligne Willy Taofifenua, le père de Romain et de Sébastien. C’était atypique. On avait des joueurs doués et de vrais guerriers, des mecs bien ».

    Il est aussi revenu sur l’évolution du Tournoi des Six Nations depuis le passage à six équipes :

    « Quand le Tournoi est passé à six équipes en 2000, le rugby était professionnel depuis cinq ans. La magie de cette compétition n’était plus la même, les matchs s’étaient multipliés. La rareté qui faisait le charme du Tournoi commençait à disparaitre. Comme a disparu ce cérémonial du banquet d’après-match : dans ton premier smoking qui t’était offert par ton président de club, tu entrais de plain-pied dans une légende. Un Tournoi à 6 Nations sur sept semaines ne permet pas à un joueur de célébrer l’évènement. Ce sport s’est placé dans une réalité très professionnelle. Je trouve ça regrettable mais c’est l’évolution du rugby ».