Cameron Woki : “J’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de combat dans un Crunch que lorsqu’on prend l’Irlande ou l’Italie ou les Gallois”

Interrogé dans les colonnes de L’Équipe Magazine, notre troisième ligne international, Cameron Woki s’est exprimé sur ce qui fait, selon lui, toute la particularité d’un Crunch dans le cadre du Tournoi des Six Nations. Le Bordelais a notamment évoqué l’influence qu’a pu avoir sur lui une figure emblématique du rugby français, Thierry Dusautoir, dont l’engagement et l’état d’esprit lors de ces confrontations ont marqué toute une génération de joueurs :
« Un joueur m’impressionne quand on évoque le Crunch, c’est Thierry Dusautoir. “Titi” était un autre joueur quand il jouait contre les Anglais. Dans l’envie, on sentait qu’il se positionnait différemment que dans les autres matches du Tournoi. Je le comprends mieux aujourd’hui parce que moi aussi je me conditionne à l’approche du Crunch. Ce n’est pas qu’on mette plus de sérieux, toutes les rencontres se préparent sérieusement, c’est juste qu’on met un supplément d’âme à affronter l’Angleterre. C’est un match “plus”. Je ne saurais pas l’expliquer. En tout cas ce n’est pas une rencontre qu’il faut jouer, c’est une rencontre qu’il faut gagner. Si on n’a pas cette exigence, on n’y a pas sa place ».
Dans la suite de l’entretien, Cameron Woki est également revenu sur la dimension historique et émotionnelle qui entoure ces confrontations entre les deux nations. Selon lui, au-delà de l’enjeu sportif, la rivalité ancienne entre la France et l’Angleterre confère à ces matches une intensité particulière, marquée par un engagement physique et mental souvent supérieur aux autres rencontres du Tournoi :
« J’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de combat dans un Crunch que lorsqu’on prend l’Irlande ou l’Italie ou les Gallois. La rivalité entre les deux nations est séculaire. Elle dépasse le cadre du rugby et je crois qu’elle ne disparaîtra jamais. Cette façon que les Anglais ont de nous prendre de haut, je la mettrais en parallèle avec le haka des Blacks. Ils ont besoin d’éprouver ce sentiment de supériorité pour performer. C’est leur état d’esprit. Ils nous voient comme des gentils. Je pense qu’on est une équipe fière. Une équipe soudée surtout ».

