Jean Trillo : “On n’apprend pas à gagner. Apprendre à gagner, ça me paraît une démarche qui peut-être intéressante”

PHOTO CLAUDE PETIT

 

Invité des studios de Radio CHU, pour l’émission Sports Inside, Jean Trillo, ancien centre du CAB et vainqueur du championnat en 1969, est revenu sur le manque de culture de la gagne qu’a l’équipe de l’UBB : “J’ai discuté un peu avec Baptiste Serin, et je lui ai demandé quel a été le déclic pour qu’il passe à ce niveau de compétences. Il a fait une rencontre avec un demi de mêlée qui l’a inspiré, qui s’appelait Heini Adams et qui est toujours dans le circuit. C’est un joueur qui l’a marqué profondément. C’est ce déclic qui a provoqué chez lui un changement radical d’attitude et qui lui a permis d’avoir cette évolution personnelle. Je pense que l’on est sur un problème de confiance, c’est quelque chose d’essentiel dans la réussite. J’ai entraîné l’équipe de rugby du Milan AC à l’époque ou Christophe Dugarry jouait à Milan. Il m’avait parlé de Zinédine Zidane qui jouait à la Juventus et que Marcelo Lippi disait qu’il ne pouvait pas apprendre à Zidane à jouer au football, sauf qu’il était encore fragile quand il fallait marquer devant le but. Ce conditionnement a fait que Zidane a passé un cap énorme par rapport à cette expérience. Ca me semble révélateur et assez fondamental pour le sport de haut niveau. Quand il faut marquer, on marque. On ne joue pas pareil près de la ligne et dans son camp. Collectivement, il doit y avoir des réactions, une attitude. Cette attitude, elle est bâtie sur la confiance. Plus la réussite existe, plus cette confiance nous amène à une sorte de lâcher prise, qui est un comportement adapté à la situation de réalité du moment. Par rapport aux outils que l’on a à stocker, moins on est focalisé là-dessus et plus on lâche prise, plus on est disponible pour choisir les choses aux bons moments. C’est là-dessus qu’il faudrait réfléchir. Il me semble que c’est un des facteurs de la performance. C’est ce que je retire de mon expérience personnelle. Je pense que dans l’éducation, on pourrait en parler. On n’apprend pas à gagner. Apprendre à gagner, ça me paraît une démarche qui peut-être intéressante“.