Gomez Kodela : “C’est difficile de prendre la décision de quitter un club”

Il est discret dans la presse depuis son arrivée à l’UBB il y a un an et demi. Il est l’un des piliers les plus utilisés et des plus réguliers depuis le début de la saison. Il va quitter le club à la fin de saison pour le LOU. Il est le seul hispanique et sud-américain, Francisco Gomez Kodela. De la Coupe du Monde de la sélection argentine, en passant par son choix de rejoindre Lyon la saison prochaine, tout comme son goût pour la mêlée ainsi que ses derniers mois à Bordeaux, Francisco répond à tout, sans langue de bois. Interview.

 

 

 

Malgré une saison correcte l’année dernière, tu n’as pas été retenu avec l’Argentine pour disputer la Coupe du Monde. Qu’est-ce qu’il t’a manqué pour être sélectionné ?

Je pense qu’en Argentine, il y a de très bons joueurs au poste de pilier droit. Je n’étais pas dans les plans du sélectionneur argentin, et c’est un choix que je respecte. Il y a toujours des choses à améliorer pour être sélectionné, le jeu évolue tellement vite qu’il faut toujours s’adapter.

 

L’Argentine a d’ailleurs fait un excellent parcours, étant une des équipes brillant par le jeu. Comment as-tu vécu cette Coupe du Monde à distance ?

J’ai vécu cette Coupe du Monde avec beaucoup de joie. Je suis très content à chaque fois que l’Argentine joue et j’étais vraiment ravi de voir leur manière de jouer. Je n’ai pas pu assister aux matchs à cause des entraînements, mais j’attendais chaque rencontre avec beaucoup d’impatience.

 

 

Francisco Gomez Kodela

 

 

Après une première saison avec déjà un temps de jeu relativement important, en ce début de saison tu sembles t’être réellement imposé comme le premier choix à droite de la mêlée avec 8 titularisations en 11 journées. Penses-tu avoir passé un cap ?

Il faut gagner en confiance au sein de l’équipe et du club pour pouvoir jouer à son meilleur niveau. Il faut bien connaitre les combinaisons, les annonces en touche, et surtout connaitre la façon de jouer de l’équipe. Je ne pense pas avoir passé un cap, mais je pense avoir plutôt bien fini de m’adapter à l’équipe.

 

Malgré ce temps de jeu important, tu as récemment signé pour le LOU Rugby en vue de la saison prochaine. Peux-tu nous en dire plus sur les raisons de ce départ ? Laurent Marti a parlé d’une offre supérieure financièrement, est-ce la seule raison ?

Même si je suis très content et satisfait du temps de jeu et de l’équipe, je n’étais pas dans les plans du Président, comme je le croyais. J’étais parti pour rester à Bordeaux et ça, c’était ma priorité. Mais le plus le temps avançait, moins je sentais que mon avenir serait à Bordeaux la saison prochaine. C’est toujours facile de dire qu’il s’agit d’un choix financier, mais c’est bien plus compliqué que ça. Mais cela fait partie de l’histoire ancienne déjà, et chacun a sa version des faits.

 

Bien qu’ambitieux, le LOU Rugby avait fait l’ascenseur lors de ses deux dernières montées en Top 14. N’est-ce pas un choix risqué sportivement ?

Lyon a un grand projet de club, comme Bordeaux l’a eu à l’époque, même si c’est un club qui monte en Top 14. C’est un nouveau challenge pour moi, un nouveau défi à relever. Je ne pense pas aux risques sportifs mais à toutes les choses positives à ce changement.

 

 

Francisco Gomez Kodela
Ce jour-là, FGK était en phase de reprise au Vélodrome du Lac

 

 

Avais-tu d’autres propositions ? Et qu’est ce qui a fait la différence ? Tu vas retrouver deux joueurs que tu as côtoyé à l’UBB, Navrozashvili et Tuifua…

Oui, j’étais en contact avec différents clubs, mais ce qui a fait la différence c’est la manière dont les clubs se sont montrés intéressés, comment ils valorisaient le joueur. Le choix n’était pas seulement financier, cela fait aussi partie de la décision bien sûr mais il y a aussi le côté humain. Je connais effectivement quelques joueurs à Lyon, et c’est extra pour moi. J’ai parlé avec eux pour me renseigner vis-à-vis du club et de la ville…

 

N’est-ce pas difficile de prendre une décision six mois avant la fin de saison ? Est-ce que cela change quelque chose au niveau de la motivation, de ta préparation, ou peut-être la peur de se blesser ?

C’est toujours difficile de prendre la décision de quitter un club, surtout quand on parle d’un club comme Bordeaux, qui est en train de grandir et qui a des joueurs de premier plan, avec de magnifiques supporters et une ville toute aussi magnifique. Je pense vraiment que la motivation est toujours la même, peut-être même plus vis-à-vis des copains, des joueurs. Le but c’est de tout donner, et d’essayer de placer le club le plus haut possible. Les blessures ? Ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète particulièrement, cela peut arriver à n’importe quel joueur et si ça m’arrive, je ferai tout pour revenir au plus vite et jouer le maximum avant de partir. La préparation reste toujours la même.

 

 

Francisco Gomez Kodela

 

 

Lors du prochain Super Rugby, une franchise argentine va faire ses débuts. N’as-tu pas eu la tentation de rentrer au pays pour disputer cette compétition ?

Je suis bien en Europe, et en France, je n’ai pas l’idée de rentrer pour l’instant. Ma famille et moi sommes bien ici, et ça va rester comme ça pour le moment. Le Top 14 est, pour le moi, le meilleur championnat du monde.

 

Récemment Sekope Kepu est arrivé au club. Que penses-tu de l’arrivée d’un vice-champion du monde à ton poste ? Qu’as-tu à apprendre de lui ? En tant qu’argentin et après 5 saisons de Top 14, lui donnes-tu des conseils pour apprivoiser les « dures » mêlées françaises ?

‘Keps’ est l’un des meilleurs piliers droits au monde, je pense que c’est un grand coup du club d’attirer des joueurs de ce niveau-là. J’ai pris son arrivée comme une source de motivation extraordinaire, pour travailler encore plus dur et essayer de gagner ma place dans l’équipe chaque week-end. Il y a toujours des choses à apprendre, surtout quand c’est avec des joueurs de ce calibre-là, il faut en profiter car ce n’est pas tous les jours.

C’est vrai qu’en tant qu’argentin, j’aime bien la mêlée. On discute beaucoup et on essaie de trouver des solutions à tous les problèmes que l’on peut rencontrer tous les week-ends. C’est très enrichissant d’échanger les points de vue et de trouver de nouveaux trucs.

 

Même s’il reste une demi-saison, que retiens-tu de ton passage à l’Union Bordeaux-Bègles ? De positif comme de négatif ?

Je n’en retire que du positif ; un club magnifique, avec des joueurs incroyables, un staff magnifique aussi. L’histoire avec Bordeaux n’est pas finie, mais je ne garderai que des bons souvenirs.

 

Que peut-on te souhaiter pour la suite de la saison à titre personnel et collectif ?

La continuité avec l’équipe, ainsi que jouer les phases finales du Top 14. Après, on ne sait jamais où cela peut finir…

 

 

Un très grand merci à Francisco pour sa sympathie et le temps accordé. Nous lui souhaitons de continuer sur la lancée de sa première partie de saison. Il fera partie des joueurs qui nous manqueront mais nous continuerons de le suivre 🙂

 

 

Francisco Gómez Kodela