Lucas Méret : “Je compte bien revenir et avoir du temps de jeu ici”

La formation bordelaise n’a pas grand-chose à envier aux autres clubs. Depuis plusieurs années, de nombreux joueurs sortent du lot et éclosent au plus haut niveau, que ce soit à l’Union Bordeaux-Bègles ou ailleurs. Futur grand en devenir, Lucas Méret fait partie des cadres de l’équipe Espoirs, celle qui est allée jusqu’en phases finales la saison dernière. Avec ses coéquipiers Thierry Paiva, Lucas Blanc et Alexandre Pilati, il fut aussi l’ouvreur indéboulonnable de l’équipe de France qui finit à la quatrième place de la dernière Coupe du Monde U20. Conscient qu’à l’UBB – et malgré le fait qu’on donne la chance aux jeunes – il serait difficile de jouer un rôle majeur la saison prochaine, Lucas avait déjà eu l’idée, il y a quelques mois, d’être prêté en 2015-2016 pour continuer sa progression. Ce qui n‘était qu’une envie et un souhait prit forme le 27 juillet dernier lorsqu’officiellement il rejoint l’Aviron Bayonnais en prêt pour une saison. Une manière de jouer régulièrement et de continuer sa formation et sa croissance à un niveau supérieur à celui du championnat Espoir. Et pour cause, Lucas va évoluer en Pro D2 la saison prochaine, aux côtés d’un certain Thibaut Lacroix, et sera même coaché par un certain Vincent Etcheto… Interview.

 

 

Que retiens-tu de votre aventure la saison dernière avec les Espoirs, qui s’est malheureusement terminée lors des phases finales ?

L’aventure a été très belle de bout en bout, avec des moments certes plus difficiles que d’autres. Mais je pense que dans l’ensemble l’année est satisfaisante et que tout le groupe en sort grandi collectivement et individuellement même si l’on aurait aimé aller plus loin.

 

Tu as également fait un bon parcours avec les Bleus en Coupe du Monde même si vous terminez en bas du podium…

Vis-à-vis de l’Équipe de France je ne vais dire qu’une chose, ça a été un grand honneur de représenter la France et une grande fierté, avec beaucoup de pression que ça soit en club ou en équipe de France. Je pense que ce que je retiendrai de plus important au-delà de l’aventure humaine incroyable et du fait que ça m’a énormément fait progresser, c’est que le rugby reste un jeu.

 

Tu clamais déjà, au mois de mars dernier dans le Midi Olympique, envisager un prêt à un niveau plus haut pour progresser… Ton vœu a été exhaussé ?

Partir en prêt n’était pas ma volonté première. Ça faisait neuf ans que j’étais au club, ça a été difficile voir très difficile pour moi de partir. Mais la volonté de jouer au plus haut niveau possible m’a poussé à être prêté car le temps de jeu à l’Union aurait été très faible voire inexistant en équipe première. Mais je compte bien revenir et avoir du temps de jeu ici dans mon club de toujours l’UBB.

 

 

Lionel Beauxis et Lucas Méret

 

 

La concurrence à ton poste, à l’UBB, est féroce. Devant les Bernard, Beauxis voire Lonca, tu as certainement pensé qu’il valait mieux partir pour progresser ?

Il est vrai que la concurrence est rude à l’Union, mais je pense que j’aurais pu continuer à progresser à l’UBB. Mais je savais que je progresserai plus en jouant et en m’entraînant quotidiennement en Pro D2 qu’à l’UBB. Car là où on progresse le plus, c’est en match, et évidement en match de haut niveau c’est mieux et c’est mon objectif.

 

Avais-tu d’autres propositions ? Pourquoi Bayonne ?

Alors, je n’avais pas forcément d’autres propositions car jusqu’à début juillet je ne cherchais pas de prêt. Je comptais rester à l’UBB mais voilà, Bayonne s’est positionné et en a fait la demande. Vincent Etcheto m’a appelé et m’a expliqué son projet, et voilà. C’était une opportunité à ne pas louper et du coup j’ai rencontré le président (Marti, ndlr) qui a compris la situation et qui a accepté ma demande. Bien évidemment, la présence de Vincent Etcheto a joué dans mon choix, et il est vrai que Vincent a joué un rôle dans ma venue.

 

Comment envisages-tu cette saison à Bayonne ? Tu seras en concurrence face à Blair Steward, t’a-t-on promis du temps de jeu ?

Je pense que ma saison sera bonne car il y a vraiment un bon groupe avec lequel on bosse bien. Je pense qu’on ne peut pas promettre du temps de jeu, il faut se le gagner. Je connais la concurrence. A moi de faire mes preuves pour avoir beaucoup de temps de jeu. Mais en tout cas je sais que j’aurais ma chance. A moi de montrer que je mérite la confiance de Vincent quand il m’a fait venir.

 

Mis à part Thibault Lacroix et Vincent Etcheto connais tu déjà des joueurs ? Penses-tu que ton intégration va être facile ?

Oui je connaissais déjà quelque joueurs car c’est une équipe assez jeune. Mais l’intégration est faite je pense car j’ai la tête rasée (rires). Non plus sérieusement, le groupe est super sympa et je m’y sens bien.

 

L’intersaison a été agitée à Bayonne avec des éléments extérieurs au rugby comme la non-fusion avec Biarritz. T’es-tu préparé à vivre aussi une certaine “pression” ou à vivre certaines contraintes hors rugby lors de la saison prochaine ?

Non pas du tout car comme je vous l’ai dit, ce prêt s’est fait au dernier moment avec la signature de Vincent, donc le projet de fusion était déjà enterré pour cette année.

 

 

Lucas Meret

 

 

Concernant l’UBB, qu’est-ce qui va te manquer le plus ?

Je pense que tout va me manquer mais c’est une remise en question nécessaire. Il faut refaire ses preuves quand personne ne vous connait et sortir de sa réserve et de son petit confort, donc c’est une expérience qui sera enrichissante, c’est certain. Après ma famille, mes amis, Bordeaux tout simplement va me manquer mais j’aurais des moments pour les retrouver.

 

Avec leurs prolongations, lors de ton retour au club, Lonca, Beauxis et Bernard seront encore là. Envisages-tu un retour pour essayer de t’imposer ou bien t’inspirer de la carrière de Gilen Queheille peut t’inspirer (il a prolongé son prêt d’une seconde saison à Tarbes, ndlr) ?

Au jour d’aujourd’hui je n’envisage rien. Je vais me donner à fond pour progresser et avoir du temps de jeu pendant un an et apporter le plus possible au club de Bayonne et on verra au bout de cette année. Après je ne vous cache pas que j’ai envie de jouer pour l’UBB et je ne pense pas que ça dépende de Bernard, Beauxis mais de moi-même. C’est à moi de progresser et jouer pendant un an ou même deux pour revenir plus fort et meilleur pour être prêt à jouer.

 

On se donne rendez-vous dans moins d’un an, avec une montée en Top 14 et une saison réussie ?

C’est quelque chose que j’espère pour le club de Bayonne qui mérite de jouer au plus haut niveau et pour moi-même. Mais une saison est longue. Nous avons quatre matchs (avant la coupure à cause de la Coupe du Monde, ndlr) qui nous attendent et c’est le plus important pour le moment. On verra après le reste.

 

 

Un grand merci à Lucas pour ses réponses et le temps qu’il nous a accordé, malgré un planning chargé. Bonne saison, reviens-nous plus fort !